Coopération : Touadéra présent à l’investiture de Kagamé

Le président Faustin Archange Touadera a pris part le dimanche 11 août 2024, à l’investiture de son homologue rwandais Paul Kagame.

 

De nombreux chefs d’Etat et de gouvernement ont fait le déplacement de Kigali pour exprimer leur solidarité au peuple rwandais dans une cérémonie d’investiture organisée au stade de la capitale regroupant plus de 45.000 personnes.

Après avoir prêté serment devant la Cour Suprême, le président Paul Kagame s’est engagé devant le peuple rwandais à travailler à la préservation de la paix, la souveraineté nationale et la consolidation de l’unité nationale. La paix dans notre région est une priorité pour le Rwanda, affirme-t-il, mais déplore qu’elle fasse défaut dans l’Est de la République Démocratique du Congo en faisant allusion aux troubles à leurs frontières communes.

 

RCA : discours intégral de Touadera en face des autorités administratives nouvellement promues

Ci-dessous le discours intégral du président centrafricain à la rencontre, le 19 juillet 2024 avec les autorités administratives nouvellement promues.

 

 

Avant tout propos, je vous invite à observer avec moi une minute de silence en la mémoire de feu NGOMBE Jacques, Gouverneur de la Région de Fertit.

Merci.

Madame et Messieurs les Gouverneurs ;

Mesdames et Messieurs les Préfets ;

Mesdames et Messieurs les Sous-Préfets ;

C’est avec un immense plaisir que je vous rencontre aujourd’hui, quelques semaines après votre nomination, dans le cadre des échanges permanents que j’ai initiés avec les autorités locales de notre pays, depuis mon accession à la magistrature suprême de l’Etat.

Je voudrais vous adresser toutes mes vives et chaleureuses félicitations pour votre nomination.

Je voudrais également saluer votre engagement au service de la Nation, en acceptant d’occuper ces hautes fonctions de l’Administration Territoriale.

J’ai tenu à présider cette rencontre afin de vous faire part de ma confiance et de la haute conception que je me fais de vos fonctions, au service de la République et de vous adresser quelques messages avant la prise de vos fonctions respectives.

Notre pays, vous le savez, fait face depuis quelques années à des difficultés majeures, notamment d’ordre sécuritaire et économique.

C’est donc à juste titre que nos concitoyens se tournent vers l’Etat et expriment alors des attentes, au nombre desquelles :

la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire ;

la sécurité ;

la lutte contre le changement climatique ;

la protection de l’environnement ;

la relance de l’économie nationale ;

l’éducation ;

la santé ;

la réussite des élections locales à venir.

Sur la question de restauration de l’autorité de l’Etat, je voudrais vous rappeler que vos missions vous placent en premières lignes pour y répondre.

Je me réjouis de la nomination, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, des Gouverneurs.

A travers votre nomination, c’est l’Etat qui se déploie, c’est le maillage territorial qui s’effectue.

A travers votre nomination, je veux rapprocher les services publics de nos populations.

En effet, dépositaires des pouvoirs de l’Etat, vous êtes appelés à animer les Régions, Préfectures et Sous-préfectures, colonnes vertébrales de l’Etat.

Vous êtes désormais les garants de la permanence et de la continuité de l’Etat.

Vous êtes les représentants du Président de la République, du Premier Ministre et de chacun des Ministres, à l’exception des ministères dont la représentation est confiée par la loi à d’autres organes de l’Etat.

Il en est ainsi de tout ce qui relève du domaine du pouvoir judiciaire qui échappe légalement à toute délégation de pouvoir et je veux que cela soit bien compris afin d’éviter toutes interventions intempestives susceptibles de compromettre le bon fonctionnement du service public de la justice.

Gouverneurs de Régions, Préfets et Sous-préfets, vous devez veiller à l’exécution et l’application des lois et règlements, des décisions gouvernementales et aux intérêts nationaux de l’Etat, de favoriser l’intégration des politiques publiques et de diriger les services déconcentrés des administrations civiles de l’Etat dans vos juridictions respectives.

Vous êtes responsables de l’ordre public, de la sécurité des personnes et des biens.

Dès lors, vous devez chercher, en toutes circonstances, à apporter des réponses de l’Etat à toutes les formes de délinquances, les violences basées sur le genre, la traite des personnes, en relation avec les Tribunaux territorialement compétents.

Appelés par la loi à assurer la tutelle des Communes et de leur circonscription, vous devez vous conduire en dignes et loyaux serviteurs de l’Etat.

Votre présence doit rassurer nos concitoyens. Ne soyez pas des fardeaux pour nos Communes et surtout pour nos concitoyens, meurtris par des décennies de crises militaro-politiques.

Ainsi, vous devez prôner la bonne gouvernance dans tous les domaines et surtout dans le contrôle des activités des fonctionnaires de l’Etat dans vos Régions, Préfectures et Sous-préfectures respectives.

Outre ces pouvoirs spécifiques, votre rôle consiste non seulement à mettre en œuvre et expliquer les actions entreprises dans le cadre de la politique globale de l’Etat, mais aussi à permettre au Gouvernement de les adapter en permanence afin qu’elles soient non seulement comprises mais acceptées par nos concitoyens.

Ayant évoqué la question de la restauration de l’autorité de l’Etat, je veux vous dire un mot sur ce que j’attends de chacun de vous dans le cadre de vos nouvelles missions, dans le domaine de la Sécurité qui est la première mission de l’Etat, sa première justification.

En effet, comme vous le savez, le contexte que nous vivons place la mission de sécurité au centre de toutes nos actions.

Je vous demande d’administrer vos unités administratives de manière efficace en assurant avant tout la sécurité́ de nos concitoyens sous toutes ses formes et préserver la cohésion sociale.

Aujourd’hui, dans trop d’endroits du territoire, nos concitoyens ont peur, ils ont peur parce que des actes de violence se sont perpétrés, ils ont peur parce que des hommes en armes continuent de leur imposer leur volonté criminelle.

Plus que jamais, nous devons renforcer la sécurité et protéger nos concitoyens et pour cela je veillerai avec le Premier Ministre et le Ministre chargé de l’Administration du Territoire à ce que vous puissiez disposer d’un minimum de moyens nécessaires pour mettre en œuvre cette priorité.

Je continuerai d’engager, dans la limite des possibilités de l’Etat, nos forces de défense et de sécurité pour qu’elles soient à vos côtés dans l’exercice quotidien de vos missions.

Vous devez aussi disposer de toutes les informations pour prendre les décisions nécessaires à la protection de nos concitoyens.

Dans ce cadre, vous devrez employer au mieux les services des Renseignements et de la Documentation de l’Etat ainsi que la Police et la Gendarmerie nationales de votre localité.

Je vous exhorte à faire aussi appel à la population et aux notables pour qu’ils vous aident dans la fourniture des renseignements nécessaires à la préservation de l’ordre public.

Je voudrais par ailleurs aborder la question de la sécurité routière qui est vitale pour les usagers de la route.

Nous devons mettre un terme à l’anarchie qui s’observe sur nos routes nationales et même à Bangui, dans l’indifférence des forces de la Police et de la Gendarmerie.

Je vous recommande de rétablir l’ordre et la discipline de ce côté et d’exiger des Commissaires de Police, des Commandants les compagnies ou de Brigades de Gendarmerie, la stricte observation des dispositions du Code la Route.

Madame et Messieurs les Gouverneurs ;

Mesdames et Messieurs les Préfets ;

Mesdames et Messieurs les Sous-Préfets ;

Je voudrais aborder l’un des défis majeurs auxquels notre pays est confronté, à savoir le changement climatique qui induit la protection de l’environnement.

Vous serez les premiers responsables de la lutte contre le changement climatique avec ses conséquences néfastes que sont les inondations, la sécheresse, les feux de brousse.

Je vous charge de mener une lutte sans merci contre les feux de brousse qui détruisent nos forêts, notre faune et notre flore.

Vous devez de concert avec les techniciens des eaux et forêts de votre juridiction sensibiliser les populations sur la nécessité de protéger notre écosystème.

Je ne veux plus entendre parler des feux de brousse qui détruisent nos savanes et forêts ainsi que des drames qu’ils occasionnent parfois par l’incendie de certains de nos villages.

Dans ce chapitre, je vous exhorte à ne ménager aucun effort pour la pérennisation de l’opération citoyenne « KWA TI KODRO » dont je me réjouis déjà de réelles avancées obtenues, dans vos unités administratives.

Bientôt, nous allons implémenter, avec l’appui des experts de la Corée du Sud, le mouvement Saemaul qui permettra, j’en suis persuadé, d’impliquer directement les communautés de base dans la lutte contre la pauvreté par les efforts de leurs résidants, en mettant un accent particulier sur le changement des mentalités.

Je reste conscient des importants défis dans le cadre de la mise en œuvre de ces activités.

Je voudrais donc vous rassurer de mon entière disponibilité à accompagner vos efforts et j’engage le Ministre chargé de l’Administration du Territoire à vous appuyer pour la mise en œuvre et la pérennité de cette activité.

En abordant la question de la relance de l’économie nationale, je me limiterai volontairement à l’agriculture.

Je souhaite que vous vous impliquiez très fortement dans la relance de notre agriculture en vue de mettre fin à la cherté de la vie et à l’insécurité alimentaire.

Je m’emploierai avec le Gouvernement à revoir le calendrier agricole, à envoyer dans les différents coins du pays le personnel agricole pour l’encadrement de nos paysans.

Nous nous battrons pour que des semences soient à nouveau redistribuées ; mais je veux que vous suiviez de près tout cela, car l’agriculture est vitale pour notre pays.

Mesdames et Messieurs les Gouverneurs, Préfets et Sous-Préfets,

Je vous demande aussi un regard particulier sur la situation de l’école.

Vous devez veiller à ce que l’école reprenne dans toutes vos unités administratives et surtout à la scolarisation des filles.

Faites des rapports sur la situation de l’école en collaboration avec l’Inspecteur d’Académie pour permettre au Gouvernement de prendre les mesures qui s’imposent.

La situation financière du pays reste encore difficile, mais nous devons tout faire pour remettre nos enfants et les enseignants sur le chemin des classes.

Cela est très important pour l’avenir de notre jeunesse et de notre pays.

C’est naturellement pour répondre à cet impératif que j’ai demandé au Gouvernement de privilégier l’intégration de 1500 instituteurs dans la Fonction Publique centrafricaine.

Dans le domaine de la Santé, je vous demande d’accompagner le Ministère de la Santé dans l’exécution des mesures prises pour améliorer la santé de la population et, en particulier, dans les campagnes de vaccination en combattant les préjugés et les désinformations.

Enfin, et sans être exhaustif, je voudrais évoquer avec vous la question des élections locales.

Comme vous le savez, ces élections qui interviendront après plus de trois décennies depuis les dernières élections municipales organisées dans notre pays représentent, en effet, une opportunité unique dans la mise en œuvre de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation du 6 février 2019 et des recommandations du Dialogue Républicain.

Elles marqueront un progrès dans les domaines de la participation politique inclusive, la restauration de l’autorité de l’Etat, la gouvernance démocratique, le développement de nos territoires et, in fine, la lutte contre la pauvreté ainsi que la promotion du développement local.

Je vous demande de doubler de vigilance et de veiller à ce que ces élections soient libres, démocratiques, transparentes et inclusives.

Madame et Messieurs les Gouverneurs ;

Mesdames et Messieurs les Préfets ;

Mesdames et Messieurs les Sous-Préfets ;

J’en viens à̀ présent à̀ la deuxième fonction qui est au cœur de votre fonction et qui doit également vous mobiliser de manière intense dans vos responsabilités de chef de services déconcentrés des administrations civiles de l’Etat.

Il s’agit d’aménager, d’administrer les territoires et de servir nos concitoyens avec l’objectif de moderniser et de transformer notre pays.

C’est à̀ vous qu’il appartient de mettre en œuvre les actions visant la restauration de l’autorité de l’Etat et veiller à ce qu’elles produisent leurs effets dans tous les territoires de la République.

C’est à vous qu’il revient, au premier chef, d’assurer l’impact réel des actions du Gouvernement sur nos concitoyens.

Les différents programmes soutenus par nos partenaires techniques et financiers doivent être conduits sans heurts avec vos appuis.

J’y tiens d’autant plus qu’ils nous permettront de réhabiliter les bâtiments des services publics et de créer les conditions d’une vie normale dans les Régions où le programme est retenu.

Sensibilisez les populations sur le bien-fondé de ces actions qui garantissent à très court terme la satisfaction de certains de leurs besoins essentiels.

Sur un autre sujet tout aussi important, il est essentiel que vous ayez des rapports clairs avec tous ceux qui interviennent dans vos zones de juridiction.

Je veux parler de tous les acteurs de terrain, qu’il s’agisse des associations ou des ONG.

J’ai conscience que nous avons assisté́ ces dernières années à des situations où on ne sait pas qui fait quoi et qui s’occupe de quoi.

Les ONG, qu’elles soient humanitaires ou autres, doivent travailler sous l’autorité de l’Etat pour que tout marche avec sérieux et dans la transparence.

Vous serez aussi chargés de mettre en œuvre les dispositions des textes sur la déconcentration.

C’est pourquoi vous aurez un rôle managérial important.

Suivant les importantes réformes que j’ai engagées, j’ai instruit le Gouvernement de mettre tout en œuvre afin que la République Centrafricaine soit un pays émergent à l’horizon 2050.

Cet idéal est un défi majeur qui nécessite l’implication de tous à tous les degrés de notre société afin de rendre cela effectif.

Ainsi, faisant allusion à la 7ème République et surtout à l’urgence de la décentralisation, la question de la promotion des compétences de qualité afin de conduire de manière efficace à la base, le développement local reste un souci permanent.

Les différents décrets que j’ai eu le plaisir de signer, dénotent de ma ferme détermination à conduire avec vous les grands défis qui sont les nôtres.

Afin d’éviter le pilotage à vue et la mauvaise utilisation des ressources, le pays s’est doté d’un document de planification stratégique et est en voie de se doter d’un Plan National de Développement qui fait suite au Plan de Relèvement pour la Consolidation de la Paix en République Centrafricaine (RCPCA) qui est un tableau de bord du Gouvernement afin de lui permettre d’assurer un réel envol de notre pays.

A cet égard, en votre qualité de véritables maillons de la chaîne de coordination technique de l’administration territoriale, vous devez veiller scrupuleusement à être des acteurs de développement.

Je me réjouis de l’approbation du Plan National de Décentralisation et de Développement Territorial qui permettra de redynamiser nos Collectivités territoriales et de provoquer le développement à la base.

Les défis sont énormes et prégnants. Les moyens de l’Etat sont très limités.

C’est la raison pour laquelle le changement induit par vos fonctions respectives ne pourra être possible que par un changement radical de notre système de pensées, de nos mentalités.

La culture de l’effort, la lutte contre la corruption et les mauvaises manières de servir, le travail acharné et la ferme volonté de défendre notre pays et nos idéaux de paix sont des atouts qui devront vous permettre de parvenir aux résultats escomptés.

C’est la raison pour laquelle j’engage le Gouvernement à ne ménager aucun effort afin de mobiliser les ressources adéquates et de mener des plaidoyers auprès de nos partenaires traditionnels pour des appuis nécessaires à la mise en œuvre des politiques publiques.

Je vous exhorte à faire preuve de rigueur dans la conduite de vos missions, car c’est à travers cela que serez évalués et appréciés.

Je reste attentif à vos différentes préoccupations que je sais sont nombreuses afin qu’ensemble nous parvenions au développement intégral et intégré de notre Nation.

Tenant compte de la situation actuelle du pays, je vous exhorte à l’écoute, à la concertation, au dialogue dans la mise en œuvre de la politique gouvernementale.

J’entends vous redonner toute la place qui vous revient en nouant avec vous une relation basée sur la responsabilité, la confiance, la réactivité et l’inter action.

Je tiens à une franche collaboration et au respect de la hiérarchie dans vos rapports réciproques.

Mesdames et Messieurs les Gouverneurs, Préfets et Sous-Préfets,

Au regard de vos différentes expériences, je suis convaincu que la République pourra compter sur vous pour relever les défis majeurs qui se posent à nos différentes régions.

Je vous sais capables d’identifier les enjeux spécifiques à chaque Région et de proposer des réponses idoines, prendre des initiatives innovantes, sortir de la routine et des sentiers battus.

Il me fallait vous expliquer ma vision, vous tracer un chemin, un cap, celui où je veux emmener le pays parce que c’est ce que j’attends de vous sur le terrain.

Je sais que ce qui vous anime est le sens du service public, l’un des fondements de notre République, cette volonté́ de bien faire pour servir la République qui est la nôtre et servir chacune et chacun de nos Compatriotes.

Tels sont les messages que je voudrais vous adresser en cette circonstance.

Je vous réitère mes félicitations et vous souhaite plein succès dans vos missions.

Je vous remercie.

RCA : les rideaux se referment sur l’atelier sur la production des états financiers

Cinq jours après, l’atelier de renforcement des capacités des agents et cadres de la direction générale du trésor et de la comptabilité publique sur la production des états financiers de l’Etat se referme.

C’est le directeur de cabinet du ministère des finances et du budget, Wamata Yambouka a clôturé, qui a présidé les travaux le vendredi 05 juillet 2024. L’exercice consistait à mettre à jour, connaissances des cadres des services centraux et de la trésorerie régionale de Bimbo. Les thématiques développées portaient sur, le nouveau cadre législatif et réglementaire de la comptabilité générale de l’Etat, les normes comptables, le plan comptable de l’Etat et sa codification, les principes de la comptabilité générale de l’Etat, le traitement de l’immobilisation et les écritures d’inventaires et les états financiers (balance générale des comptes, le compte de résultat et le bilan).

Le directeur de cabinet du ministère des finances et du budget, Wamata Yambouka invite les participants à, pérenniser les acquis afin d’améliorer les diligences dans l’application des bonnes procédures. Egalement l’amélioration de la qualité comptable ainsi que la production à bonne date des états financiers pour la qualification de l’audit externe et l’obligation de rendre compte de la gestion.

Les états financiers sont un outil essentiel de la bonne gestion des finances publiques. Le compte général de l’État (CGE), conformément aux dispositions de la LOLF adopté par le parlement en 2018, est établi selon un référentiel comptable qui s’inspire très largement des pratiques des entreprises et des référentiels publics internationaux tout en tenant compte des spécificités de l’État. Son format permet une lecture claire et concise des comptes de l’État. Ainsi, le CGE fait des états financiers de l’État une source d’information financière essentielle pour le Parlement, les gestionnaires publics et les citoyens.

RCA : un accident de la route fait au moins 4 morts à Berberati

La localité Berberati, dans la Mambéré-Kadeï a été le théâtre d’un accident de la circulation le dimanche 23 juin 2024. Quatre personnes ont perdu la vie sur place, les blessés ont été aux urgences.

 

Un camion qui transportait les briques a fait une mauvaise manœuvre suite à un problème technique et est entré en collision avec un autre automobiliste à Berberati. Quatre personnes parmi les 11 qui étaient dans le gros porteur sont passées de vie à trépas. Les blessés ont été admis aux soins médicaux à l’hôpital de district de la circonscription.

L’un des rescapés, Cyprien Homon, au micro de nos confrères de Radio Ndeke Luka, essaye de reconstituer les faits. Ce dernier égalment blessé rapporte que, qu’ils sont allés déchargés les briques, de retour ils se sont arrêtés à mi-chemin pour recharger le carburant dans le camion. Ensuite ils ont décidé de continuer leur périple. « Lorsque le chauffeur voulait démarrer le camion, la batterie a lâché », confie-t-il. Il l’a rechargé et nous sommes paris. Arrivé à la descende le frein a lâché, le véhicule est entré en collision avec un autre qui venait en face », explique t-il.

 

RCA : la compagnie Tam-Oil sommée de payer 200 000 000 FCFA d’amende

Pour avoir causé la pénurie des produits pétroliers depuis quelques semaines, la société Tam-Oil est sommée par le gouvernement centrafricain de payer la somme de 200 000 000 FCFA en guise d’amende.

Le ministre de l’énergie et des Ressources Hydrauliques, Bertrand Arthur Piri à travers une correspondance du 3 juin 2024, notifie le directeur général de Tam-Oil, de la conséquence de la pénurie créée par son entreprise. « Depuis plusieurs semaines, vos stations-services ne sont pas alimentées en produits pétroliers causant ainsi la pénurie et des dommages importants sur le plan économique, financier et social », écrit le membre du gouvernement.

Pour illustrer, Bertrand Arthur Piri convoque l’article 33 de la loi n°07.005 du 24 avril 2007 qui dispose que : « les auteurs de pénurie par actions individuelles et/ou collectives ou menaces de l’approvisionnement du marché intérieur en produits pétroliers et dérivés sont punis d’une amende de 50 000 000 à 200 000 000 FCFA sans préjudice du retrait de l’agrément et de poursuite ».

Ainsi, il notifie au DG de Tam-Oil, le paiement d’une amende de 200 000 000 FCFA.  Et entend prendre d’autres : « si la situation n’est pas normalisée sous 48 heures à compter de la date de réception de la notification, je me verrai dans l’obligation de prendre d’autres mesures parmi lesquelles la réquisition de vos Stations- services », met en garde le ministre de l’Energie.

Touadéra présent à l’investiture du nouveau président tchadien

Le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra a pris part ce jeudi 23 mai 2024 à l’investiture de Mahamat Idriss Deby Itno, recemment élu président de la République du Tchad.

 

Elu avec 61% de suffrages à l’issue de l’élection présidentielle au Tchad, Mahamat Idriss Deby devient officiellement président de la république du Tchad. Il a prêté serment ce jour à N’Djaména en présence d’une quinzaine de chefs d’Etats. Et de certains représentants diplomatiques. Le fils de l’ancien président Idriss Deby Itno, mort au front en avril 2021, devient ainsi le tout premier président de la 5ème république au Tchad.

En plus du président centrafricain Faustin Archange Touadéra, étaient présents, les présidents mauritanien, gabonais, burundais, de Guinée Bissau, du Togo, Nigéria, Niger.

Sao Tomé-et- Principe et la Libye ont été représentés par leurs premiers ministres.

RCA : des journalistes travaillent à produire des contenus contre la désinformation

Le Haut Conseil de la Communication (HCC) a décidé de renforcer les capacités de 20 journalistes, sur la création de contenus contre la désinformation et les discours de haine.

 

Une vingtaine de journalistes ont participé le 16 février 2024, à un atelier de renforcement de capacités axé sur la réalisation de programmes audiovisuels pour lutter contre la désinformation et les discours de haine. Une initiative du Haut Conseil de la Communication (HCC) en partenariat avec la MINUSCA. cette session a permis aux participants d’acquérir des connaissances sur la création de contenus médiatiques contre la désinformation et les discours de haine, ainsi que sur les outils pour combattre les « fakes news » et le rôle des médias dans le changement de comportement.

Dans son discours d’ouverture, le président du HCC, Josée Richard Pouambi, a indiqué qu’il a été, élaboré le Plan national de prévention de l’incitation à la haine, un outil essentiel pour réduire la violence et les discours haineux.

À la suite des discussions avec l’Expert indépendant des Nations Unies, la régisseuse de la maison d’arrêt pour femmes, Ndokoyanga Natacha-Clarisse, exprime l’espoir que cet établissement pénitentiaire sera pourvu de ressources logistiques supplémentaires afin d’améliorer son fonctionnement au quotidien.

 

CEMAC : Hervé Ndoba, l’émissaire de Touadéra auprès du président tchadien

Le ministre des Finances et du Budget Hervé Ndoba a remis le 18 janvier 2024, un pli fermé du président Touadéra destiné au président tchadien de la transition, Mahamat Idriss Deby.

 

Le président tchadien de transition, Mahamat Idriss Deby Itno, a reçu en audience le 18 janvier 2024, un émissaire du président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, par ailleurs président en exercice de la CEMAC.

Le  ministre des Finances et du Budget de la République Centrafricaine, Hervé Ndoba, confie que cette audience a été accordée dans le cadre des activités du président Touadera en tant que président en exercice de la conférence des chefs d’Etats de la sous-région. Le contenu du message n’a pas été dévoilé mais il s’agirait d’un message de consultation sur les enjeux économiques et financiers de la sous-région.

« Notre région manifeste ce dynamisme à travers des consultations régulières que nos chefs d’Etats entretiennent entre eux », déclare le ministre centrafricain à la sortie d’audience.

Hervé Ndoba fait savoir qu’il a également transmis au président tchadien de transition, de la part de son chef d’Etat : « le message de bonne santé, de prospérité et le vœu que Dieu puisse l’accompagner dans sa lourde tâche de président de la république mais également à l’ensemble du peuple frère tchadien. »

RCA : les producteurs et commerçants édifiés sur les réformes en matière d’eau et assainissement

Des membres du gouvernement ont organisé le 23 novembre 2023, une réunion de communication et sensibilisation sur les réformes en matière d’eau et assainissement avec les producteurs et vendeurs d’eau potable en bouteille et sachet.

Il s’agit notamment des ministres du Développement de l’Energie et des Ressources Hydrauliques Bertrand Arthur Piri et son collègue Mohamed Lawan en charge de Petites et Moyennes entreprises. Dans sa communication, le numéro 1 de l’énergie et l’hydraulique a indiqué que la République Centrafricaine a engagé en 2006 des réformes visant à restructurer le cadre de gouvernance du secteur de l’Eau en se dotant de la loi numéro 06.001 du 12 avril 2006 portant Code de l’Eau qui libéralise ledit secteur. Ainsi, les dispositions de ce code précisent selon les articles 21 et 22 que « les eaux de surface et les eaux souterraines demeurent le patrimoine de l’Etat ». Sa mobilisation et son exploitation sont soumises au régime d’autorisation ou de déclaration préalable.

Le Code en son article 47 indique aussi que la mobilisation, la production le transport, la distribution, le transfert et la vente de l’eau constituent un service public placé sous l’autorité de l’Etat. C’est pourquoi les installations d’exploitation, de production et d’autoproduction doivent être réalisées conformément aux normes du service public de l’eau.

Concernant la qualité de l’eau, le Code stipule que quiconque offre au public de l’eau en vue de l’alimentation humaine à titre onéreux ou à titre gratuit sous quelque forme que ce soit est tenu de s’assurer que cette eau est potable sous peine de pénalité selon l’article 76. Seul le Ministère de l’hydraulique, tutelle technique du secteur qui inclut entre autres l’octroi des autorisations préalables à l’exercice des activités dans ce secteur.

Selon Bertrand Arthur Piri, l’objectif assigné à cette rencontre de sensibilisation est de demander aux producteurs et vendeurs d’eau en bouteille et sachet d’être en règle conformément aux textes en vigueur dans le pays afin de mettre fin aux désordres. Le ministère du Développement de l’Energie et des Ressources Hydrauliques travaille de manière à ce que tous les producteurs d’eau soient répertoriés et suivis dans l’intérêt de tous et ceci en collaboration avec les ministères sectoriels à savoir : de la Santé publique, du Commerce, de l’environnement et des Petites et Moyennes Entreprises pour la bonne marche des activités de la production et de la distribution d’eau potable à la population.

 

Coopération : le Tchad et la RCA en quête des solutions pour les déplacés forcés

Les autorités des deux pays se sont réunies le 31 octobre 2023 à Bangui pour discuter des solutions à apporter aux personnes déplacées de force du fait de la crise centrafricaine.

 

L’ambassade du Tchad en République centrafricaine a fait une communication relative à l’assise présidée par le président centrafricain, Fausti Archange Touadéra. La RCA représenté par son chef d’Etat et son collaborateur, et le Tchad par le chargé d’Affaires de l’ambassade, Tahir Willedah Nouri et deux experts du ministère en charge de l’Administration ont eu une séance de travail placé sous le thème : « la Plateforme d’Appui aux Solutions pour les Personnes Déplacées de Force en Lieu avec la Crise Centrafricaine.»,

Ils ont examiné la déclaration de Yaoundé, adoptée le 27 avril 2022. Lequel vise à renforcer la protection des personnes déplacées de force et à promouvoir leur inclusion et leur résilience à travers des solutions durables dans les pays hôtes ; et d’autre part, à créer des conditions propices au retour durable et à la réintégration effective en République centrafricaine.

L’ambassade du Tchad, dans son communiqué fait savoir que, deux points focaux dans chaque Etat et la Capitale de la République Centrafricaine, Bangui fut choisi comme le siège de la plateforme.

« Il est essentiel que se poursuivent les efforts visant à la consolidation ou à l’établissement des conditions permettant un retour durable, dans leurs foyers, du plus grand nombre possible de centrafricains, dans la sécurité et la dignité, afin qu’ils puissent contribuer à la reconstruction et au développement de leur patrie », a déclaré Faustin Archange Touadéra.

Coopération : concertation entre Touadéra et Macron

Le président de la République Faustin Archange Touadéra a été reçu dans l’après-midi du mercredi 13 septembre 2023 par son homologue français Emmanuel Macron au Palais de l’Elysée.

Le réchauffement des liens d’amitié et la redynamisation de la coopération bilatérale entre la France et la RCA étaient au menu des échanges entre les deux parties.

Les deux chefs d’Etat ont aussi parlé de la mission de la facilitation de la transition au Gabon.

Notons que le président Touadéra est actuellement président en exercice de la CEMAC et a été désigné par les chefs d’Etat de la CEEAC facilitateur de la transition au Gabon.

Le Président Macron a remercié le Président Touadera pour ses efforts de médiation qui ont rapidement abouti à une entente cordiale entre les forces vives de la nation gabonaise.

« Il a réitéré le soutien de la France aux efforts entrepris par les pays de la région pour avancer rapidement sur la durée de la transition ainsi que sur la finalisation d’une feuille de route afin d’organiser rapidement des élections libres et transparentes au Gabon ».

La RCA promulgue sa nouvelle Constitution

La promulgation de la nouvelle Constitution, issue du référendum du 30 juillet 2023, marque l’entrée de la République centrafricaine dans la 7ème République.

Le président Faustin Archange Touadéra a promulgué le 30 août 2023, la nouvelle Constitution de la République centrafricaine. « Je viens de signer, ce 30 août 2023, avec beaucoup de fierté et d’espoir, le décret portant promulgation de la Constitution de la République Centrafricaine », déclare le numéro du pays dans son discours de circonstance. Il a souligné que cette loi fondamental marque, l’heureux aboutissement d’un processus véritablement historique par lequel vous avez, avec une majorité pleine d’enseignement, d’engagement et de signification, doté notre pays d’une nouvelle loi fondamentale. « Oui, un jour nouveau se lève, une nouvelle ère pleine d’espérance s’ouvre à nous désormais. » Ainsi se réjouit Ouattara.

Le président centrafricain, n’a pas manqué de préciser que, c’est la résultante des défis relatifs à la sécurité, à la paix, au faible niveau de développement, à la pauvreté endémique, au chômage des jeunes, à l’absence d’autonomisation des femmes, à la dégradation du système éducatif et sanitaire, à l’absence d’infrastructures socio-économiques de base, à l’accès à une justice équitable, à la mauvaise gouvernance, à la dégradation de l’environnement entre autres.

Le Oui a été voté à (95,3%) pour cette nouvelle Constitution.

Afrique centrale : un chercheur explique la recrudescence du Ver de Guinée au Tchad

Le sociologue Jacob Mbaihondoum donne des raisons qui sous-tendent cette résurgence dans sa thèse de doctorat qu’il vient de soutenir à l’université de Yaoundé 1.

Le Ver de Guinée ne quitte pas le Tchad. Malgré les stratégies déployées dans le pays, la maladie disparaît et réapparaît. Les statistiques montrent qu’après 9 ans sans notification de cas humains entre 2001 et 2009, la maladie est réapparue au Tchad en 2010. Des cas et infections ont été notifiés chez les humains et animaux dans plusieurs villages. D’où l’interrogation sociologique de l’auteur « pourquoi, malgré l’existence des politiques de santé et les dynamiques d’acteurs mobilisées, la dracunculose connaît encore une recrudescence remarquable en milieu rural au Tchad ? »

En réponse à cette question, le jeune docteur a procédé par une analyse qui s’étend sur six chapitres répartis en trois parties. Ces analyses démontrent que les politiques de santé et dynamiques d’acteurs mobilisées dans la lutte contre la dracunculose se limitent aux interventions sporadiques et dysfonctionnelles qui ne favorisent pas une réelle accessibilité du traitement et du contrôle de l’éradication de la maladie. Plus loin dans les détails, selon le sociologue, ce qui favorise le retour régulier de la maladie, c’est un ensemble de pratiques liées à la négligence et à l’insouciance qui constituent la difficulté réduisant la capacité du programme à agir avec efficacité.

Il invoque le relâchement de la surveillance épidémiologique, l’insuffisance des moyens d’actions, de la démotivation du personnel de santé et des difficultés logistiques. Pour lui, l’inaccès à l’eau potable est un problème crucial pour les ménages des zones endémiques. Les bonnes pratiques liées à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement ne sont pas observées chez les populations des zones endémiques. Des pratiques culturelles freinent la lutte contre le ver de Guinée en milieu rural tchadien.
Ces différentes analyses ont valu la mention très honorable à Jacob. C’est ainsi pour ce chercheur de 34 ans, le couronnement des plusieurs années de recherche entamées à la suite de son master en sociologie rurale obtenu en 2015 dans la même université. Une institution universitaire qu’il intègre après sa licence en sociologie obtenue en 2013 à l’Université de N’Djamena au Tchad.

RCA : le gouvernement édifie les populations sur la nouvelle Constitution

Le chef de l’Etat Faustin Archange Touadera  a entamé une campagne référendaire. Il invite les populations à voter pour la nouvelle Cconstitution le 30 juillet prochain.

Les habitants du 7ème arrondissement de Bangui réunis au stade du Lycée des Rapides le 17 juillet 2023, au meeting du chef de l’Etat Faustin Archange Touadera ont été édifiés sur la nouvelle loi. Le chef de l’Etat en prenant la parole, a donné les raisons qui ont poussé les autorités à soumettre au vote le projet d’une nouvelle loi fondamentale.  « Cette nouvelle constitution voulue par la majorité du peuple centrafricain donnera à la République Centrafricaine une réelle indépendance et sa pleine souveraineté » a-t-il expliqué  à travers le site la Renaissance.

En effet, le 30 juillet prochain, les centrafricains seront appelés à voter la nouvelle Constitution. Le chef de l’Etat invite les populations à voter pour un « Oui » afin de  donner « corps à la nouvelle constitution rédigée dans l’optique de garantir la souveraineté, l’indépendance et l’avenir de la République centrafricaine ».   Notons que la nouvelle loi fondamentale propose entre autre, de remplacer le quinquennat présidentiel par un septennat sans limite du nombre de mandats.  Aussi, un candidat à la présidentielle doit avoir une seule nationalité (être de nationalité centrafricaine). La nouvelle Constitution prévoit que, les binationaux peuvent occuper toutes les autres fonctions de la République. Comme l’a indiqué le chef de l’Etat.

Rappelons que, la campagne a été lancée le 15 juillet 2023 dans la commune de Begoua. Elle se poursuit ce mardi 18 juillet 2023,  dans le 8e arrondissement de Bangui au terrain du football de L’Ucatex.

 

 

RCA : le ministre de l’Energie inspecte le chantier de la centrale de solaire de Ganzi

Bertrand Piri s’est rendu sur le site de construction de la de la centrale de solaire de Ganzi le jeudi 25 mai 2023.

 

Le ministre de l’Energie et des Ressources Hydrauliques était accompagné à Danzi, des techniciens de son département. Bertrand Piri est allé s’assurer de l’évolution des travaux de construction de la Centrale Solaire de 25 Méga Watt en cours de réalisation sur financement de la Banque mondiale dans le cadre du Projet d’Urgence de Fournitures et d’Acces à l’Electricité (PURACEL).

« La mise sous tension de la ligne est prévue en fin Juin, les travaux de la mise en service de la Centrale du 23 Juillet au 06 Août et tous les réglages techniques et autres seront bouclés fin Août 2023. » Le patron de l’Energie repart du site des travaux avec un sentiment de satisfaction, confirme l’équipe de presse du ministère. La même source indique que, la partie génie civile, la lall o kilo et de stockage, la salle de commande et technique électrique ont été déjà réalisées. Les travaux de montage des pilonnes et de câblage des lignes de transport sont en cours de réalisation.

Le champ solaire de DANZI couvre une superficie de 75 hectares dont 50 hectares déjà utilisé pour la première phase de la Centrale avec plus de 47.000 panneaux installés qui produira 25 Méga Watt et la seconde phase qui prévoit 15 Méga Watt supplémentaire.

 

RCA : le Conseil économique demande de créer une autre monnaie pour la Cemac

Les membres du Conseil économique et social estiment que le FCFA, la monnaie commune aux six pays de la Cemac, maintient la sous-région dans un état de pauvreté, et de dépendance vis-à-vis de la France.

A l’issue de 45 jours de travail, les membres du conseil économique et social du pays demande la création d’une nouvelle monnaie. Le Conseil économique et social demande de remplacer le FCFA, qui selon lui, est devenu sans intérêt pour la République centrafricaine. « La devise commune aux six pays de l’espace communautaire (Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, RCA et Guinée équatoriale), appauvrit plus le pays qu’elle ne travaille à sa prospérité et son développement et le met dans une position de dépendance vis-à-vis de la France. »

Ce n’est pas tout le Conseil demande le : « rapatriement en RCA de ses réserves de change logées au Trésor public français. »

Il est important de noter, les chefs d’Etat de la Cemac ont évoqué les questions liées à l’adoption de la monnaie, au cours de la 15ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat organisé à Yaoundé. C’est à l’issue de cette session que le président Faustin Archange Touadéra a été désigné, président de la Cemac.

Tchad : l’armée accusée d’exécutions extrajudiciaires

Selon la Ligue tchadienne des Droits de l’Homme, au moins 11 civils ont été victimes d’exécution extrajudiciaire dans le lac Tchad.Dans un communiqué diffusé ce 2 février 2023, la Ligue tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) condamne l’exécution sommaire et extrajudiciaire de 11 civils à Bakarom, un village de la sous-préfecture de Ngouboua dans la province du Lac Tchad.

La LTDH affirme dans le document que ces personnes, dont quatre membres d’un comité d’autodéfense, ont été exécutées par pendaison par des éléments de l’armée tchadienne en opération dans la zone du Lac. Ce, après avoir subi des tortures pendant 17 jours dans le camp militaire.

L’organisation accuse un haut gradé de l’armée tchadienne d’être le donneur d’ordre de ces exécutions. Le document soutient qu’avec l’apparition de groupes terroristes dans le Lac Tchad, des forces de défense et de sécurité s’adonnent en toute impunité à de toutes sortes d’exaction sur la population civile.

Face à ces exactions, la LTDH exprime son indignation et exige  du gouvernement une enquête impartiale et indépendante et des poursuites pénales contre les personnes identifiées comme des auteurs de ces exécutions extrajudiciaires.

Pour l’heure, le gouvernement n’a ni confirmé ni infirmé les faits.

Le dirigeant soudanais au Tchad pour renforcer les liens bilatéraux

Les deux présidents africains discuteront de sujet d’intérêts communs.Le chef de la junte militaire au Soudan, Abdel Fattal al-Burhan, est en déplacement à N’Djamena, la capitale tchadienne, afin de raffermir les liens avec son voisin, ont déclaré des responsables à Khartoum.

M. al-Burhan est arrivé dimanche 29 janvier au Tchad où il aura des entretiens avec son homologue tchadien, le général Mahamat Idriss Déby.

Les discussions tourneront autour de la mise en œuvre d’un accord bilatéral conclu entre les deux pays en 2018.

Dans leurs échanges, il sera aussi question de la sécurité le long de leur frontière commune, où des violences interethniques ont éclaté ces derniers mois.

Des responsables des deux parties indiquent qu’une force militaire conjointe sera mise en place pour patrouiller le long de leur frontière commune et celle de la République centrafricaine, où des milices armées s’activent depuis quelques semaines.

Les deux pays vont également s’attaquer à la contrebande d’armes dans la région.

En 2019, Abdel Fattah al-Burhan a succédé à Ahmed Awad Ibn Auf à la tête du Conseil militaire de transition qui gouverne le Soudan, suite au renversement du régime d’Omar el Béchir.

Mahamat Idriss Deby Itno dirige la transition tchadienne depuis avril 2021 après le décès de son père, Idriss Deby Itno dans une contre-offensive de l’armée dans le nord contre les rebelles du Front pour l’Alliance et la Concorde au Tchad (Fact).

Tchad : au moins 20 morts dans un accident routier

Le président de la transition tchadienne, Mahamat Idriss Déby Itno promet des« mesures fortes pour mettre fin à ces tragédies répétitives ».Dans la nuit de jeudi à vendredi, un accident routier survenu entre Abéché et Oum-Hadjer; à l’est de N’Djamena, a fait une vingtaine de mort, selon un bilan provisoire. 

L’accident implique un bus appartenant à l’agence de voyage Abou Islam qui avait à son bord 31 passagers dont le chauffeur et l’apprenti-chauffeur et un gros porteur. 

D’après une source, tombé en panne et garé au bord de la route, le gros porteur n’aurait pas pris le soin d’installer un panneau de signalisation pour prévenir d’un danger, comme l’exige le code de la route. Le chauffeur du bus, roulant à vive allure, est tombé nez à nez avec le camion qu’il n’a pu éviter, raconte notre source. Le choc est tel que toute la toiture du bus est partie en lambeaux et le corps du chauffeur démembré.  

Des secours arrivés d’Abéché ont évacué les blessés parmi lesquels quatre graves. Sorti indemne de cet accident, l’apprenti-chauffeur a pris la fuite, confie notre interlocuteur. 

En février 2022, un accident similaire s’est produit dans le même département de Batha Ouest. Deux bus étaient en collision entre Mangalmé et Oum-Hadjer. Au moins 40 personnes ont été tuées dans cet accident. Ce qui avait amené les autorités en charge de la sécurité routière et de la sécurité publique à interdire les voyages de nuit entre 21heures à 5heures. Mais la mesure a été très vite levée. 

Sur Twitter, le chef de l’Etat tchadien, le Général Mahamat Idriss Deby Itno a réagi, présentant ses condoléances aux familles des victimes. Le président de la transition a également annoncé des « mesures fortes seront prises pour mettre fin à ces tragédies répétitives ».

Bassin du lac Tchad : Le CICR lance un appel à l’aide pour 11 millions de personnes

Plusieurs millions de personnes sont obligées de fuir leur foyer en raison du conflit dans le bassin du Lac Tchad.À l’occasion de la troisième Conférence de la région du Lac Tchad qui se tient à Niamey les 23 et 24 janvier, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) appelle à des efforts urgents pour assurer une protection efficace des millions de civils embourbés dans la violence.

Plus de dix ans après le début de la crise, le conflit dans le bassin du lac Tchad, où se rencontrent le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun ne montre aucun signe d’apaisement.

La violence à l’encontre de la population civile reste alarmante, laissant plus de 11 millions de personnes lutter chaque jour pour leur survie.

« Malgré les efforts déployés par les acteurs étatiques, humanitaires et du développement, la situation dans la région du lac Tchad reste désastreuse. Des millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer. Des milliers de familles vivent dans des conditions extrêmement précaires, sans accès approprié à la nourriture, aux soins de santé et à l’éducation », a déclaré le vice-président du CICR, le Dr Gilles Carbonnier.

Sur les 11,3 millions de personnes qui ont besoin d’aide pour survivre dans le bassin du lac Tchad, au moins 3 millions sont des déplacés qui ont fui leur foyer en raison de la violence, selon des sources officielles. Des communautés entières vivent dans l’incertitude, sans savoir si elles pourront un jour rentrer chez elles.

« Le sort des personnes déplacées doit être reconnu comme une priorité absolue dans le bassin du lac Tchad », a plaidé Gilles Carbonnier.

Le CICR encourage les États à ratifier la Convention de Kampala et à adopter des mécanismes nationaux de mise en œuvre.

La Convention garantit une protection et un niveau de sécurité aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, et fournit aux gouvernements un cadre pour répondre aux crises de déplacement.

Si la majorité des États africains l’ont ratifiée, des actions sont nécessaires pour intégrer les dispositions de la Convention dans les cadres juridiques nationaux et les rendre opérationnelles.

Les États ont la responsabilité de veiller à ce que les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays soient autorisées à prendre la décision de rentrer chez elles dans des conditions sûres et dignes, a déclaré le CICR dans un communiqué. Mais, en raison de la nature prolongée du conflit, nombre d’entre elles risquent de ne pas pouvoir le faire.

Après plus d’une décennie, le conflit dans le bassin du lac Tchad se prolonge et son bilan pour les personnes prises au piège ne cesse de s’alourdir, a-t-il averti.

Le CICR a enregistré plus de 26 188 cas de disparitions dans les quatre pays du bassin du lac Tchad : Cameroun, Tchad, Niger et Nigeria. Près de 15 000 d’entre eux étaient mineurs au moment de leur disparition. Les enfants sont particulièrement concernés.

La nature prolongée du conflit affecte les mineurs de manière disproportionnée, notamment ceux qui sont confrontés à des déplacements multiples.

Le fait d’être contraint de fuir son domicile met à mal l’environnement protégé que la famille et la communauté offrent aux enfants.

En conséquence, ils sont davantage exposés aux abus sexuels, à l’association avec des porteurs d’armes, à la séparation familiale et à la disparition.

Pour répondre efficacement à la nature prolongée et dynamique du conflit, il est nécessaire que les acteurs travaillent ensemble dans le cadre d’une approche plus synergique.

Une approche qui rassemble le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi que les partenaires gouvernementaux, de paix, de développement et autres partenaires humanitaires pour trouver des solutions à long terme à la crise.

« Nous donnons la priorité au respect du droit international humanitaire ainsi qu’à une action humanitaire neutre, impartiale et indépendante pour protéger et aider les personnes dans le besoin dans le bassin du lac Tchad. Si nous voulons répondre aux besoins humanitaires croissants et obtenir de meilleurs résultats avec et pour les populations touchées par un conflit prolongé, des partenariats innovants font également partie de la solution », a déclaré M. Carbonnier.

Croissance économique : l’Afrique devant le reste du monde en 2023 et 2024

Dans son rapport semestriel, la Banque africaine de développement (Bad) estime à environ 4 % en moyenne le Produit Intérieur Brut réel du continent noir en 2023-2024.L’Afrique n’est pas toujours le dernier de la classe. Si les moyennes du reste de la planète devraient s’établir à 2,7 et 3,2 % en 2023-2024, ledit continent table sur une croissance d’environ 4 % de son Produit Intérieur Brut (PIB) réel.

Grâce à une analyse complète de la croissance régionale, le rapport semestriel de la Banque africaine de développement (Bad), publié hier jeudi, a montré que « les cinq régions du continent, confrontées à d’importants vents contraires résultant des chocs socio-économiques mondiaux, restent résilientes avec des perspectives stables à moyen terme ».

D’après le document, « la croissance moyenne estimée du PIB réel en Afrique a ralenti à 3,8 % en 2022, contre 4,8 % en 2021, dans un contexte de défis majeurs consécutifs au choc de la Covid-19 et à l’invasion de l’Ukraine par la Russie ». Néanmoins, a ajouté la source, 53 des 54 pays de l’Afrique ont affiché une croissance positive et « les perspectives pour 2023-2024 devraient être stables », indique la Bad.

Cinq économies africaines, parmi les plus dynamiques du monde avant la pandémie du nouveau coronavirus, devraient connaître une croissance de plus de 5,5 % en moyenne en 2023-2024. Il s’agit du Rwanda (7,9 %), de la Côte d’Ivoire (7,1 %), du Bénin (6,4 %), de l’Éthiopie (6,0 %) et de la Tanzanie (5,6 %). D’autres pays africains, sur la période considérée, devraient enregistrer une croissance supérieure à 5,5 % : République démocratique du Congo (6,8 %), Gambie (6,4 %), Libye (12,9 %), Mozambique (6,5 %), Niger (9,6 %), Sénégal (9,4 %) et Togo (6,3 %).

Les cinq régions africaines dans le vert

Dans le détail, la croissance en Afrique centrale, soutenue par des cours favorables des matières premières, a été la plus rapide du continent à 4,7 % contre 3,6 % en 2021. À l’opposé, la croissance de l’Afrique australe est celle qui a le plus ralenti, passant de 4,3 % en 2021 à environ 2,5 % en 2022. « Ce ralentissement résulte de la faiblesse de la croissance en Afrique du Sud, où la hausse des taux d’intérêt, la faiblesse de la demande intérieure et les coupures de courant persistantes ont pesé sur l’économie », a expliqué l’institution financière.

En Afrique de l’Ouest, la croissance devrait passer à 3,6 % en 2022 contre 4,4 % en 2021. « Cela tient à des ralentissements en Côte d’Ivoire et au Nigeria, les deux plus grandes économies de la région. La croissance du Nigeria en 2023 – bien qu’affectée par la Covid-19, l’insécurité et la faiblesse de la production pétrolière malgré la hausse des prix internationaux de l’or noir – pourrait bénéficier des efforts en cours pour rétablir la sécurité dans la région productrice de pétrole en proie à des troubles », a avancé le document.

La croissance de l’Afrique du Nord devrait baisser de 1,1 %, passant de 5,4 % en 2021 à 4,3 % en 2022 à cause « de la forte contraction en Libye et de la sécheresse au Maroc », mais elle devrait se stabiliser à 4,3 % en 2023 grâce au « fort rebond attendu dans ces deux pays et une croissance soutenue ailleurs dans la région ».

Pour l’Afrique de l’Est, la Bad s’attend à 4,2 % de croissance en 2022 contre 5,1 % en 2021. « Bien que la structure de production (de cette partie du continent) soit relativement diversifiée, les pays de la région, en grande partie des importateurs nets de produits de base, subissent de plein fouet la hausse des prix internationaux, en plus des chocs climatiques récurrents et de l’insécurité, notamment dans la Corne de l’Afrique », a relevé l’institution dont le siège se trouve à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

« Avec 54 pays à différents stades de croissance, différentes structures économiques et diverses dotations en ressources, les effets des chocs mondiaux varient toujours en fonction de la région et du pays. Le ralentissement de la demande mondiale, le durcissement des conditions financières et la perturbation des chaînes d’approvisionnement ont donc eu des répercussions différentes sur les économies africaines », a déclaré Akinwumi Adesina, le président du Groupe de la Bad.

De son côté, l’économiste Jeffrey Sachs, directeur du Centre pour le développement durable de l’université de Columbia (États-Unis), a fait savoir que « l’Afrique peut et va atteindre une croissance de 7 % ou plus par an de manière constante dans les décennies à venir. Ce que nous verrons, en nous fondant sur la résilience que nous constatons dans ce rapport, c’est une véritable accélération du développement durable de l’Afrique, qui fera du continent la composante à croissance rapide de l’économie mondiale. L’Afrique est l’endroit où il faut investir ».

Décisions audacieuses pour atténuer les risques

La Banque africaine de développement a appelé « à des mesures monétaires et fiscales robustes, soutenues par des politiques structurelles » à l’échelle nationale, régionale et mondiale face aux risques cumulés.

Ceux-ci « comprennent la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, le durcissement des conditions financières mondiales et l’augmentation connexe des coûts du service de la dette intérieure. Les changements climatiques – avec leurs effets néfastes sur l’approvisionnement en denrées alimentaires et le risque potentiel d’un changement de politique dans les pays où se tiendront des élections en 2023 – représentent des menaces tout aussi redoutables », a prévenu l’institution financière, non sans préciser les mesures fortes nécessaires.

Il y a « un resserrement rapide et agressif de la politique monétaire dans les pays à forte inflation, et un resserrement modéré dans les pays où les pressions inflationnistes sont faibles », « le renforcement de la résilience grâce à la stimulation du commerce intra-africain afin d’amortir les effets de la volatilité des prix des produits de base sur les économies », « l’accélération des réformes structurelles pour renforcer les capacités de l’administration fiscale et investir dans la numérisation et la gouvernance électronique afin d’améliorer la transparence, de réduire les flux financiers illicites et d’accroître la mobilisation des ressources intérieures ».

Mais aussi « l’amélioration de la gouvernance institutionnelle et l’adoption de politiques susceptibles de mobiliser les financements du secteur privé, en particulier dans le cadre de projets entièrement nouveaux, à l’épreuve des changements climatiques et des pandémies, et mobiliser les ressources de l’Afrique pour un développement inclusif et durable », « la prise de mesures décisives pour réduire les déficits budgétaires structurels et l’accumulation de la dette publique dans les pays confrontés à un risque élevé de surendettement ou déjà en situation de surendettement ».

À N’Djaména, le G5 Sahel veut se « redynamiser »

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’alliance militaire ont été reçus ce mercredi par Mahamat Idriss Déby Itno, le président du Tchad.Depuis le retrait du Mali, le 15 mai 2022, à cause du refus qui lui était opposé d’assurer la présidence, le G5 Sahel « bat de l’aile », souligne un communiqué de la Présidence de la République du Tchad.

Réunis autour du chef de l’État Général Mahamat Idriss Déby Itno, les chefs de la diplomatie de la Mauritanie, du Tchad, du Burkina et du Niger entendent « apporter un appui politique » afin de « donner un nouveau souffle » à l’institution communautaire.

En compagnie notamment de Mohamed Salem Ould Merzoug, le Secrétaire exécutif du G5 Sahel et de l’ambassadeur Mahamat Saleh Annadif, ministre coordonnateur, ils « sont venus rendre compte de l’état d’avancement de leurs travaux et recueillir les orientations du président en exercice du G5 Sahel », indique le document.

Le texte rappelle qu’ « en marge du Sommet extraordinaire de l’Union Africaine (UA), le 25 novembre 2022 en terre nigérienne, le chef de l’État tchadien et président en exercice du G5 Sahel, Général Mahamat Idriss Déby Itno, avait présidé une réunion de concertation des chefs d’État des pays membres » avec pour objectif d’impulser un nouvel élan qui permettra de lutter efficacement contre les groupes jihadistes présents au Sahel.

Afrique subsaharienne : la croissance devrait atteindre 3,6 % en 2023 (rapport)

La Banque Mondiale a revu à la baisse la croissance pour près de 60 % des pays, y compris pour plus de 70 % des exportateurs de métaux qui devraient être pénalisés par la poursuite de la baisse des cours mondiaux.À peine sortis de la pandémie de la Covid-19, les États de l’Afrique subsaharienne ont subi les effets de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Dans cette partie du continent noir, la Banque Mondiale table sur une croissance de 3,6 % en 2023 et 3,9 % en 2024.

« En dépit de l’atténuation attendue des pressions inflationnistes, le rythme de reprise devrait rester stable dans de nombreux pays en raison de l’impact négatif de la pauvreté persistante et de l’insécurité alimentaire sur la croissance, amplifié par d’autres facteurs de vulnérabilité tels que les conditions météorologiques défavorables, l’endettement élevé, l’incertitude politique, la violence et les conflits », ajoute l’institution financière dans ses dernières perspectives économiques.

Les pays subsahariens dont les économies sont tributaires de l’exportation des métaux seront plus affectés par la baisse de la croissance. « Ce ralentissement constitue un obstacle majeur pour le développement économique de l’Afrique subsaharienne. Le revenu par habitant ne devrait augmenter que de 1,2 % en moyenne en 2023-2024 », souligne la Banque Mondiale.

Poursuivant, elle annonce cette année que le revenu par habitant en Afrique subsaharienne devrait rester inférieur de plus de 1 % à celui de 2019. Et les projections anticipent que dans près de 40 % des pays, y compris les trois plus grandes économies de la région – l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigeria -, le revenu par habitant n’aura pas retrouvé son niveau antérieur à la pandémie même d’ici à la fin de 2024.

Dans ces trois pays, rapporte l’institution de Bretton Woods, « la croissance s’est fortement contractée pour ressortir à 2,6 % seulement en 2022 ». La nation arc-en-ciel « n’a enregistré qu’une croissance de 1,9 % en raison (notamment) de l’aggravation des pénuries d’électricité et du renforcement des politiques de rigueur pour juguler l’inflation », explique la Banque Mondiale.

Par contre, en Angola, les cours élevés du pétrole et la stabilité de la production de l’or noir ont permis un rebond de 3,1 %. Le Nigeria, de son côté, a vu sa croissance s’affaiblir à cause de l’intensification des problèmes de production dans le secteur pétrolier. Résultat, l’inflation y « a dépassé 21 % en 2022, son niveau le plus élevé depuis 17 ans ».

Globalement, remarque l’institution financière, « les tensions sur les prix des denrées alimentaires, déjà importantes avant la pandémie, se sont encore intensifiées en raison des aléas climatiques, des perturbations de l’approvisionnement aggravées par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, d’une fragilité et d’une insécurité accrues et, dans certains pays, de fortes dépréciations monétaires ».

L’année dernière, l’inflation des prix alimentaires a dépassé 20 % dans plus d’un quart des pays. Cela a ralenti la progression des revenus réels et de la demande des consommateurs et aggravé l’insécurité alimentaire.

« Malgré le récent relâchement des prix mondiaux de l’alimentation et de l’énergie, les coûts d’importation sont restés élevés, ce qui a contribué à creuser les déficits courants. La précarité des situations budgétaires due à la pandémie a persisté et, l’année dernière, la dette publique était supérieure à 60 % du PIB dans près de la moitié des économies de la région. La viabilité de la dette s’est encore détériorée dans de nombreux pays non producteurs de pétrole, entraînant une hausse des coûts d’emprunt, des sorties de capitaux et une dégradation de la cote de crédit », conclut la Banque Mondiale.

Tchad : onze officiers de l’armée inculpés pour tentative de coup d’Etat

Ces accusés doivent répondre des chefs d’accusation d’atteinte à l’ordre constitutionnel, association de malfaiteurs, détention illégale d’armes à feu et complicité.Les onze officiers de l’armée nationale tchadienne et le président de l’Organisation tchadienne des Droits de l’Homme, Baradine Berdei Targuio, interpellés pour tentative de déstabilisation des institutions de l’Etat, sont officiellement placés sous mandat de dépôt ce jeudi 5 janvier 2023. Ils sont détenus depuis le 8 décembre 2022 dans les locaux des services des Renseignements Généraux dans le cadre de l’enquête sur la tentative de coup d’Etat.

Dans un communiqué publié le jeudi 5 janvier 2023, le gouvernement a indiqué que le juge d’instruction a procédé à leur inculpation conformément au réquisitoire introductif du Procureur de la République. Ils doivent répondre devant les juges des chefs d’accusation d’atteinte à l’ordre constitutionnel, association de malfaiteurs, détention illégale d’armes à feu et complicité, suivant l’information judiciaire ouverte à cet effet. Selon des sources, ils sont transférés depuis des jours des locaux des Renseignements Généraux à la maison d’arrêt et de correction de Klessoum, à la sortie Sud-Est de N’Djamena.

Le 8 décembre 2022, ces personnes ont été interpellées par les éléments de la Direction générale des Renseignements et Investigations de la Police nationale. Le gouvernement les accuse de vouloir déstabiliser les institutions de la République en préparant un coup d’Etat. La procédure suit son cours et le gouvernement entend faire toute la lumière sur cette affaire, assure son porte-parole, Aziz Mahamat Saleh.

Le Général Mahamat Idriss Deby Itno à été porté à la tête de l’Etat du Tchad en avril 2021 après le décès de son père, le maréchal Idriss Deby Itno dans une contre-offensive de l’armée contre les rebelles du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT).

En 2022, l’Etat islamique revendique 1027 attaques en Afrique

En 2022, l’Etat islamique a mené près de la moitié de ses attaques en Afrique.L’État islamique (EI) a publié, mercredi 4 janvier, via son agence de propagande « Amaq », le bilan de ses opérations dans le monde en 2022. L’organisation jihadiste revendique 2058 attaques dans 22 pays. Ces actions ont coûté la vie ou blessé 6.881 personnes. 

Près de la moitié des opérations du groupe jihadiste, soit 1027 attaques se sont déroulées dans 13 pays africains et ont occasionné la mort ou blessé 3195 personnes.

Le Nigeria en tête 

Le Nigeria arrive en tête de ce classement, tous continents confondus avec 517 attaques dans lesquelles 887 personnes ont perdu la vie ou ont été blessées. La dernière en date visait même le président de la République Muhammadu Buhari, le jeudi 29 décembre 2022. Une voiture piégée a explosé trente minutes seulement avant l’arrivée du chef de l’Etat nigérian dans l’Etat Kogi (centre) précisément dans la ville d’Okéné au sud-ouest d’Abuja, la capitale fédérale du Nigeria. Le pays le plus peuplé d’Afrique (213 millions d’habitants en 2021) est suivi de l’Irak qui a enregistré 484 incidents liés à l’insurrection jihadiste.

Sur le continent africain, la République démocratique du Congo (RDC) où l’État islamique compte une « province » vient en deuxième position du tableau consulté à APA. Dans ce pays d’Afrique centrale, l’EI a revendiqué 167 attaques pour 607 morts ou blessés.

Au Mozambique où 156 raids ont été menés par les « shebab » du Cabo Delgado affiliés à l’Etat islamique alors que leurs « frères » d’Ansar Bait al Maqdis d’Egypte en ont perpétré 95 et fait 263 victimes.

En Somalie, les jihadistes affirment avoir tué ou blessé 61 personnes dans 22 attaques.

Dans le Sahel central, l’EI se dit responsable de 22 attaques au Mali, 11 au Niger et 4 au Burkina Faso. Soit un total de 37 opérations entraînant 938 décès ou blessés. Depuis mars, les jihadistes se sont lancés dans une serie d’exactions dans le nord du Mali, précisement à Ménaka où ils sont accusés par plusieurs organisations de défense des drois humains d’avoir tué des centaines de civils. 

Lire aussi : Jihadisme : l’inquiétante expansion de l’Etat islamique en Afrique

Dans le bassin du Lac Tchad, l’organisation jihadiste a aussi ciblé des pays comme le Tchad et le Cameroun où elle affirme avoir été à l’origine de 17 attaques. Lesquelles auraient fait 99 victimes.

Cependant, l’EI a été peu présent en Libye, au Bénin et en Ouganda où il a globalement commis 6 attaques qui ont tué ou blessé 19 personnes.

Décentralisation 

D’idéologie salafiste jihadiste, l’Etat islamique a été proclamé en 2014 en zone syro-irakienne par l’irakien Abou Bakr al Baghdadi, tué en 2019 par l’armée américaine en Syrie. Sous son impulsion, le groupe jihadiste qui a eu à administrer des territoires où il appliquait la version ultra-rigoriste de la charia, s’est étendu dans d’autres régions du monde. S’inscrivant dans cette dynamique, son successeur Abou Ibrahim al Hachimi Al Qourachi a travaillé à exporter l’idéologie de l’organisation jihadiste qui compte qui compte depuis 2022 sept « provinces » en Afrique.

En mars, le Sahel central a été érigé en « province » à part entière, ne dépendant plus du Nigeria. Le Mozambique qui était sous l’autorité de la « Province en Afrique centrale » a bénéficié également d’une « promotion » et vole de ses propres ailes. Une politique d’expansion qui sera sans doute maintenue par l’actuel « calife » Abou Al Hussein al Husseini al Qourachi, successeur d’Abou al Hassan Al Hachimi Al Qourachi.

Tchad : Baba Laddé, l’ex-patron du renseignement tombé en disgrâce du pouvoir

Ex-chef rebelle et ancien patron des Renseignements généraux (RG), Mahamat Abdoul Kadré Oumar connu sous le nom Baba Laddé est gardé dans les locaux des RG depuis le 26 décembre 2022.Il est l’un des chefs rebelles tchadiens qui ont le plus eu maille à partir avec la justice. Et visiblement, la prison le réclame encore. Depuis le 26 décembre 2022, l’ex-chef rebelle et ancien Directeur général du Renseignement et de l’Investigations (DGRI), Mahamat Abdoul Kadré Oumar plus connu sous le pseudo Baba Laddé (père de la brousse en langue foulbé, surnom que lui a donné sa grand-mère) est interpellé et gardé dans les locaux des Renseignements généraux du Tchad. Officiellement, aucune raison de son interpellation n’est communiquée.

D’ethnie peule, Baba Laddé est né dans les années 1970 à Gounou-Gaya, dans le Mayo-Kebbi Est, province située à 220 Km au Sud de N’Djamena, la capitale tchadienne. Après ses études primaires et du 1er cycle (6e en 3e) effectuées à Gounou-Gaya, Baba Laddé intègre le lycée technique commercial en 1990.

Alors qu’il était en classe de Terminale, il passe en 1995 le concours d’entrée à la gendarmerie où il était reçu. Au sein de ce corps, il a exercé comme secrétaire du commandant du centre d’instruction puis archiviste de la gendarmerie.

Maréchal des Logis Chef, il devient capitaine en 1998. A la suite d’un conflit dans le Sud et dans le Chari Baguirmi entre éleveurs peuls et autorités locales, Baba Laddé crée, avec un groupe de jeunes peuls, le Front populaire pour le redressement (FPR) inspiré du Le Front patriotique rwandais (FPR).  Trahi par un des membres, Baba Laddé est arrêté le 15 octobre 1998 avec trois autres de ses camarades. Libéré en septembre 1999, « le père de la brousse » trouve refuge au Cameroun et entame une carrière de rebelle.

Avec sa troupe, il erre entre le Soudan, la République centrafricaine et le Tchad. Plusieurs fois, il a engagé des pourparlers avec les autorités tchadiennes pour déposer les armes. Grâce à un accord de paix, Baba Laddé a été nommé Conseiller chargé de mission à la Primature en 2013 puis Préfet de Maro, une ville frontalière avec la Centrafrique en 2014. Démis de cette dernière fonction, il a manqué de peu d’être arrêté par les forces tchadiennes alors que la population s’opposait à son remplacement à la tête du département.

Signalé en Centrafrique, il est arrêté par les forces onusiennes puis extradé au Tchad où il a été condamné à huit ans de prison ferme pour assassinat, association des malfaiteurs, détention illégale d’armes à feu. Il purge sa peine pour être libéré en 2020.

En 2021, Baba Laddé dépose sa candidature à la magistrature suprême au nom de son mouvement armé, le FPR. Mais la Cour Suprême le recale pour non reconnaissance de son mouvement comme parti politique. Il entre en clandestinité pour réapparaître publiquement en mars 2021 au côté du défunt président Idriss Déby Itno en campagne présidentielle à Bongor dans le Mayo-Kebbi Est. Signe d’une réconciliation avec celui qui l’a traité longtemps de coupeur de route, de bandit de grand chemin, ne lui reconnaissant pas le statut de rebelle.  

A la mort du président Idriss Déby Itno en avril 2021, Baba Laddé trouve grâce aux yeux du nouveau maître du Tchad, le général Mahamat Idriss Déby Itno. Il le nomme en octobre 2021 Directeur général du Renseignement et de l’Investigations (DGRI), la toute puissante agence d’espionnage et de contre-espionnage, un poste stratégique.

Il est éjecté cinq mois plus tard pour être nommé Secrétaire général du ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration. Il occupe ce poste jusqu’à la formation du nouveau gouvernement de transition en octobre 2022.

Depuis lors, l’ex-maquisard se fait discret jusqu’à la date du 20 décembre 2022 où il a annoncé sur Facebook qu’il est invité par un pasteur peul pour assister à la célébration de la fête de Noël dans le département de Dourbali dans le Chari-Baguirmi. Et c’est à son retour de cette ville, le 26 décembre, qu’il a été interpellé dans la soirée par les agents de la DGRI. « Baba Laddé, c’est un mystère. Difficile de le cerner. C’est un homme discret. Tu entends parler de lui que quand il a des problèmes ; et il en a toujours », résume Moussa Guedmbaye, un journaliste tchadien.

Tchad : l’ancien chef des renseignements généraux arrêté

L’ancien chef rebelle Baba Laddé attend d’être édifié sur les raisons de son arrestation.Que reproche-t-on à Abdelkader Mahamat dit Baba Laddé ? Depuis lundi 26 décembre, l’ancien chef rebelle peul tchadien, appréhendé à son domicile de Paris-Congo, dans le VIe arrondissement de N’Djamena, serait dans les locaux des services de renseignements, rapportent plusieurs sources locales. Il revenait d’un séjour à Dourbaly, à 95 kilomètres de la capitale où il a célébré la fête de la Nativité avec des chrétiens peuls.

Pour l’heure, les autorités tchadiennes n’ont fourni aucune explication sur son interpellation. Mais elle pourrait être liée à la note signée par l’ancien chef rebelle mettant en garde la France et les Etats-Unis contre d’éventuelles attaques de leurs ambassades à Bangui par des partisans du président centrafricain, Faustin Archange Touadéra.

Selon la note envoyée aux ambassades française et américaine le 21 décembre, des jeunes sont instrumentalisés par la compagnie militaire privée russe Wagner et la plateforme Galaxie en vue d’une grande manifestation contre leur présence en RCA.

Par le biais de sa ministre des Affaires étrangères, Sylvie Baipo, la Centrafrique a vivement protesté contre ces accusations qu’elle met dans le registre d’une « grande campagne de désinformation et d’intoxication sur la RCA ». Bangui rappelle aux chancelleries occidentales que Baba Laddé a « consacré toute sa vie à la destruction de la RCA, en étant à la tête de plusieurs groupes armés rebelles qui ont plongé ce pays dans le chaos ».

Ancien chef rebelle, Abdelkader Mahamat avait été nommé chef des renseignements généraux par Mahamat Idriss Déby Itno, devenu président de la transition tchadienne depuis avril 2021, après la mort de son père Idriss Deby Itno dans le nord du pays à la suite d’une contre-offensive de l’armée contre les rebelles du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT). Il a été démis de ses fonctions en février 2022.

Afrique : 88 % de la population ressentent les effets du changement climatique (enquête)

L’étude de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) sur le climat, réalisée dans neuf pays du continent noir, révèle que « les changements climatiques ont déjà des répercussions sur le quotidien » d’au moins 6000 personnes âgées de 15 ans et plus interrogées.Maroc, Tunisie, Égypte, Kenya, Afrique du Sud, Angola, Cameroun, Côte d’Ivoire et Sénégal, ce sont les pays où la première édition africaine de l’enquête de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) sur le climat a eu lieu entre le 1er et le 25 août 2022. Cette initiative de l’institution financière vise d’après elle « à nourrir le débat général sur les comportements et les attentes en matière d’action en faveur du climat ».

« 61 % des Africains interrogés soutiennent que les changements climatiques et les atteintes à l’environnement ont affecté leurs revenus ou leurs moyens de subsistance », lit-on dans un communiqué reçu mardi à APA. Les pertes de revenus, rapporte la source, sont généralement liées à des sécheresses intenses, à l’élévation du niveau des mers ou à l’érosion côtière, ainsi qu’à des phénomènes météorologiques extrêmes tels que des inondations ou des ouragans.

« Nous appuyons depuis de nombreuses années les investissements dans les énergies propres en Afrique, comme l’énergie éolienne, l’hydroélectricité et les solutions hors réseau. Nous sommes prêts à déployer toute notre panoplie de services de conseil et d’instruments financiers et appuyer nos partenaires sur le terrain afin d’atténuer les changements climatiques, de nous adapter à leurs effets négatifs déjà palpables et de garantir une transition juste », affirme Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI.

À en croire le bras financier de l’Union Européenne (UE), les résultats de cette enquête arrivent à un moment critique pour l’Afrique, après la COP 27 où la mobilisation des ressources pour l’atténuation du réchauffement climatique et l’adaptation aux effets de celui-ci ont été au cœur des débats avec la conclusion d’un accord décisif sur un nouveau fonds « pertes et préjudices » pour les pays vulnérables durement touchés par les catastrophes climatiques.

L’Afrique, rappelle M. Fayolle, est la partie du monde la plus touchée par les changements climatiques, bien que ce soit celle qui contribue le moins au problème. Le continent fait face à une menace accrue de phénomènes météorologiques extrêmes et de changements climatiques chroniques, qui influencent les rendements agricoles, la sécurité alimentaire et hydrique, les écosystèmes, les moyens de subsistance, la santé, les infrastructures et les migrations.

Poursuivant son propos, il souligne que « les changements climatiques, par leurs effets néfastes sur les ressources vitales et la concurrence qu’ils entraînent pour les ressources naturelles, risquent d’accroître la pauvreté, les inégalités et le chômage ».

Ainsi, 76 % des Africains sondés ont déclaré que la priorité devrait donc être donnée dans leur pays aux énergies renouvelables, loin devant les combustibles fossiles (13 %).

Sahel : Washington pour une approche globale de la lutte contre le terrorisme

Le contre-terrorisme ne peut réussir par la seule force et les mesures de sécurité dures selon la sous-secrétaire d’État américaine, Victoria Nuland.Dans le combat contre le jihadisme au Sahel, le recours exclusif à la force a montré ses limites. Les importants moyens militaires déployés sur le terrain n’ont pas permis de freiner l’expansion des groupes armés et l’amplification de leurs attaques. Partant de ce constat, la sous-secrétaire d’État américaine, Victoria Nuland, a plaidé, jeudi à Washington, pour un changement d’approche.

« Nous avons vu à maintes reprises que le contre-terrorisme ne peut réussir par la seule force et les mesures de sécurité dures. Comme on me l’a rappelé lors de mes récents voyages au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie et au Niger, pour être vraiment efficace, comme beaucoup l’ont dit, la lutte contre le terrorisme doit s’inscrire dans un effort de l’ensemble du gouvernement et de la société », a-t-elle déclaré.

Les limites du tout sécuritaire

S’exprimant lors d’un briefing de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la lutte contre le terrorisme mondial, Mme Nuland a indiqué que les partenaires internationaux doivent favoriser la bonne gouvernance, le respect des droits de l’homme, l’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux opportunités économiques s’ils veulent arriver à bout de ce fléau.

« Nous devons soutenir les gouvernements et leur capacité à répondre aux besoins de leurs citoyens. C’est la clé pour briser le cycle de l’extrémisme violent », a-t-elle insisté.

Citant l’exemple du Niger, Victoria Nuland a fait remarquer que le soutien aux forces de sécurité bien qu’important et primordial pour ralentir les activités groupes jihadistes, n’est pas suffisant dans un pays où la moitié des enfants ne sont pas scolarisés.

A l’en croire, le manque d’éducation est un moteur de la prochaine génération d’insécurité et de terrorisme. Elle a ainsi souligné la nécessité de faire en sorte que les femmes et les filles aient un accès sûr à l’éducation, aux soins de santé et aux opportunités économiques, et que leurs communautés et leurs pays soient plus stables et plus prospères.

« C’est pourquoi nous nous concentrons sur la mise en œuvre du cadre mondial actuel et solide de lutte contre le terrorisme, axé sur une approche globale de la société », a-t-elle dit.

Respect des droits humains 

Par ailleurs, la diplomate américaine a déploré les tentatives visant à saper les avancées en matière de genre, de société civile et de droits de l’homme réalisées dans les résolutions du Conseil de sécurité et dans la Stratégie antiterroriste mondiale, menées par certains Etats membres de l’Onu.

« Il est essentiel que les campagnes antiterroristes ne servent pas de prétexte aux États membres pour violer eux-mêmes les libertés fondamentales », a-t-elle soutenu.

La diplomate américaine a enfin annoncé que l’Assemblée générale de l’Onu examinera, l’année prochaine, la stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme.

A Washington, les Etats-Unis et l’Afrique veulent impulser leur relation

Après neuf ans de pause, le Sommet international Etats-Unis – Afrique, se tient à Washington, la capitale fédérale américaine, du 13 au 15 décembre 2022.Ce mercredi 13 décembre s’ouvre à Washington, le sommet Etats-Unis-Afrique. Le sommet vise à rappeler « l’importance des relations américano-africaines et la coopération accrue sur des priorités globales partagées », selon un communiqué de la Maison-Blanche. Il sera un cadre d’échange des discussions bilatérales et multilatérales entre les Etats-Unis et les pays africains.

Le dernier du genre s’était tenu en 2014, sous le magistère du président démocrate Barack Obama (2008-2016). Arrivé au pouvoir en 2016, le républicain Donald Trump n’avait manifesté aucun intérêt pour le continent africain.

Il a fallu l’arrivée d’un autre démocrate au pouvoir Joe Biden,pour ressusciter ce sommet qui accueillera 49 gouvernements africains. L’objectif est d’échanger sur les « défis les plus urgents au monde, de la pandémie et du changement climatique aux conséquences négatives de l’invasion de l’Ukraine, en passant par les questions qui nous concernent tous, à savoir la démocratie et la gouvernance, la sécurité, le commerce, l’investissement et le développement », a annoncé le directeur principal des Affaires africaines, Judd Devermont.

Le premier jour sera consacré aux jeunes leaders de la diaspora africaine. Il sera suivi d’un forum de la société civile et d’une conversation sur la loi sur la croissance et les opportunités en Afrique. Le diplomate américain a également annoncé lors d’une conférence de presse en ligne qu’une session sur la paix, la gouvernance et la sécurité sera co-présidée ce mardi 13 décembre par le Secrétaire d’État, Antony Blinken, le Secrétaire d’État à la Défense, Lloyd Austin et l’administrateur de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), Samantha Power. « Bien sûr, nous aurons également des sessions sur la coopération sanitaire, la sécurité sanitaire, le soutien à la conversation, l’adaptation au climat et la transition énergétique », ajoute Judd Devermont, mentionnant la tenue d’une session sur « la coopération spatiale américano-africaine ».

Le deuxième jour s’ouvrira sur « un forum d’affaires ». « Il s’agit du troisième forum d’Affaires depuis 2014, axé sur les questions qui comptent vraiment pour nos partenaires africains et pour le secteur privé américain dans les domaines du commerce, de la finance, de l’énergie, des infrastructures, de l’agro-industrie et du numérique », précise M. Devermont. « Il comprendra également un déjeuner d’ouverture du secrétaire Blinken et des opportunités pour les entreprises américaines et africaines de réseauter et d’annoncer des accords et d’approfondir vraiment cette importante relation de commerce et d’investissement », ajoute-t-il.

Très attendu, le dernier jour coïncidant au jeudi 15 décembre sera celui des « dirigeants ». « Il débutera par un discours du président Biden. « Nous aurons une discussion sur ce que veulent les Africains et la relation que nous devons avoir à l’avenir », indique-t-il.

 Selon le diplomate américain, le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, le Soudan et l’Erythrée n’ont pas été invités au sommet. Quatre de ces cinq pays, ont la particularité d’avoir subi dans un passé récent des coups d’État militaires. Pour le cas de l’Erythrée, les Etats-Unis ont évoqué l’absence de « relations diplomatiques »