Coronavirus: un hôtel accueillant des migrants mis en quarantaine en Grèce

Les autorités grecques se sont inquiétées mardi de l’explosion du nombre de migrants testés positifs au coronavirus dans un hôtel du Péloponnèse (sud) hébergeant 470 demandeurs d’asile.

Sur l’ensemble des 470 résidents de l’hôtel de Kranidi dans le Péloponnèse, à 166 km au sud d’Athènes, 150 ont été testés positifs au coronavirus selon Iosif Mertiris, le maire adjoint de la ville d’Ermionida, dont dépend le village de Kranidi.

« La police est stationnée devant l’hôtel et personne n’est autorisé à sortir », a déclaré le maire adjoint à la télévision publique ERT.

Lundi, l’édifice avait été désinfecté et les résidents soumis à des tests après qu’une Somalienne enceinte eut été détectée atteinte du nouveau coronavirus lors d’examens effectués à l’hôpital.

L’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) en charge de la résidence a affirmé que « des interprètes, des psychologues, des travailleurs sociaux et des conseillers juridiques sont en contact constant avec les bénéficiaires pour les aider dans cette situation difficile ».

La Somalienne de 28 ans a été placée « à l’isolement dans sa chambre » et tout l’hôtel mis en quarantaine, selon le ministère de l’immigration.

Un employé de l’hôtel avait aussi été testé positif mais n’est pas venu travailler depuis 12 jours dans l’établissement, précise également le ministère.

Selon le maire de la commune, Yannis Giorgopoulos, interrogé par la chaîne de télévision ANT1, « il existe une grande inquiétude (…) mais la structure se trouve à 4-5 km des villages de Kranidi et Porto Heli, et donc est assez isolée ».

Le ministre adjoint à la protection civile, Nikos Hardalias, s’est voulu rassurant: « Il n’y a aucune raison de paniquer, tout ce qui doit être fait sera fait en suivant les réglementations ».

Quelques 100.000 demandeurs d’asile se trouvent actuellement en Grèce.

Deux camps sur le continent, dans la région de l’Attique, ont déjà été mis en quarantaine après l’apparition de plusieurs cas de coronavirus.

Le ministère de l’immigration a décidé de prolonger jusqu’au 10 mai le confinement imposée à tous les camps en Grèce.

La Grèce compte 116 morts du coronavirus alors que 61 personnes se trouvent actuellement en soins intensifs. Mais depuis plusieurs jours, le nombre d’hospitalisations diminue.

Tunisie/virus: annulation du pèlerinage annuel juif de la Ghriba prévu en mai

Le pèlerinage annuel juif de la Ghriba, prévu du 7 au 13 mai en Tunisie, est annulé en raison de la pandémie du Covid-19, a annoncé mardi à l’AFP Perez Trabelsi, responsable de cet évènement rassemblant habituellement des milliers de pèlerins du monde entier.

La synagogue de la Ghriba, la plus ancienne en Afrique, située sur l’île de Djerba (sud), est fermée depuis la propagation du nouveau coronavirus en Tunisie, où 886 cas ont été officiellement déclarés, dont 38 décès, depuis le 2 mars.

« Nous ne rouvrirons la synagogue qu’une fois dépassé le danger du virus », et simultanément à la réouverture des mosquées et autres lieux de culte en Tunisie, a ajouté M. Trabelsi.

Pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, le ministère tunisien des Affaires religieuses a suspendu la prière collective et décidé la fermeture des mosquées dans tout le pays.

Durant le mois de sacré de ramadan, la pratique collective de la prière musulmane de tarawih, qui draine habituellement de nombreux fidèles à la mosquée le soir, a également été suspendue, a indiqué mardi à l’AFP, le ministère des Affaires religieuses.

Le pèlerinage de la Ghriba, organisé chaque année au 33e jour de la Pâque juive, est au cœur des traditions des Tunisiens de confession juive, qui ne sont plus que 1.500, majoritairement installés à Djerba, contre 100.000 avant l’indépendance en 1956.

Des milliers de personnes, venues d’Europe mais aussi d’Amérique du Nord et d’Israël, y participent, une affluence qui était repartie à la hausse ces dernières années à la faveur d’une amélioration de la sécurité.

Les festivités avaient été annulées en 2011, alors que le pays était en pleine transition politique, mais la synagogue était restée ouverte.

A Moscou, une clinique de luxe délaisse la chirurgie esthétique pour la lutte contre le Covid-19

Une dame âgée est allongée, intubée, tandis que des médecins en tenue de protection s’activent autour d’elle: bienvenue à l’hôpital K+31 de Moscou, qui soigne les malades du coronavirus, pourvu qu’ils en aient les moyens.

Il y a encore une semaine, le K+31 était une clinique privée de luxe s’occupant notamment de chirurgie esthétique, qui ne disposait même pas d’un service traitant les maladies infectieuses. Aujourd’hui, toute une branche de cet établissement a été transformée pour soigner les patients atteints du Covid-19.

Lundi, la Russie comptait 47.121 malades du coronavirus officiellement recensés et 405 morts, dont la majorité à Moscou, épicentre d’une épidémie qui s’aggrave de jour en jour.

Dans les lits du service, un vieil homme est branché à un respirateur automatique et à une dialyse, tandis qu’une femme d’une cinquantaine d’années change de position pour tenter de mieux respirer.

« Il n’y a pas un seul lit de libre », regrette auprès de l’AFP Boris Tchouradzé, le médecin-chef de K+31 où sont soignés 73 malades. Même situation dans l’hôpital public situé à proximité, qui traite environ 500 patients.

Pour lui, il s’agit de combattre un ennemi invisible et meurtrier comme s’il se trouvait sur un « champ de bataille ». Sachant que le pic de l’épidémie ne devrait pas être atteint avant « mi-mai », avertit ce soignant de 44 ans originaire de Géorgie, et qui a étudié la médecine en Russie.

Reconnaissant qu’il s’agit d’un « défi majeur pour le système de santé et le secteur médical », il assure cependant que les dizaines de milliers de lits disponibles à Moscou et l’ouverture de plusieurs nouveaux hôpitaux destinés à traiter les patients du Covid-19 devraient permettre de « surmonter cette situation difficile ».

– Des dizaines de milliers d’euros –

Se faire soigner au K+31 n’est pourtant pas à la portée de tous les Moscovites. L’établissement ne prend que les patients prêts à payer plusieurs dizaines de milliers d’euros pour leur traitement ou ceux disposant d’une assurance santé privée.

Le fonds d’investissement qui possède l’hôpital, Medinvest, gère aussi un établissement bien plus grand destiné aux patients du coronavirus qui ne disposent que de la couverture santé publique.

L’hôpital K+31 a été divisé en zones « vertes » jugées sûres et zones « rouges » où les patients infectés sont soignés. Pour y entrer, les médecins revêtent des combinaisons de protection complètes avec l’aide d’autres membres du personnel médical.

« C’est une réalité totalement nouvelle » pour les soignants de l’établissement, relève M. Tchouradzé.

Si les docteurs sont bien protégés, mettre la main sur ce genre d’équipement par ces temps de pénurie peut s’avérer difficile, ajoute le médecin-chef, reconnaissant qu’il s’agit d’un « problème global ».

« Un marché noir du matériel de protection a même émergé et beaucoup de gens gagnent de l’argent avec ça », affirme-t-il.

– Fier de ses troupes –

Dans le service de soins intensifs où sont traités cinq patients, le docteur Sergueï Sevalkine raconte qu’après une semaine de rôdage, « c’est devenu plus facile ».

Même s’il a encore du mal à se faire à la combinaison de protection. « Après une vacation, vous avez juste envie de la déchirer », plaisante-t-il.

Une autre médecin, Kamila Touïtchieva, s’occupe de classer les patients selon la gravité de leur état.

« Toute l’équipe s’est habituée à la manière dont les choses fonctionnent maintenant et je pense qu’on a trouvé notre rythme de croisière », dit-elle.

Comme beaucoup de membres du personnel, elle dort désormais dans un hôtel pour ne pas infecter sa famille. Elle dit ne pas être une « héroïne » pour autant: « nous travaillons avec une maladie dangereuse, mais ça rester du travail ordinaire ».

Le médecin-chef, Boris Tchouradzé, dit pour sa part être satisfait de ses docteurs, qui forment « une équipe solide » dans cette situation difficile.

« Je suis fier de mes troupes, voilà la vérité », lance-t-il.

Du procès Netanyahu au conflit israélo-palestinien: impacts de l’accord d’union en Israël

Procès pour corruption de Benjamin Netanyahu, projet d’annexion de pans de la Cisjordanie, partage du pouvoir: l’accord pour un gouvernement d’union et d’urgence en Israël risque d’avoir des impacts sur un ensemble de dossiers clés, au-delà de la gestion de la pandémie de Covid-19.

Après 16 mois de crise politique et trois élections, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu et son ex-rival, l’ancien chef de l’armée Benny Gantz, ont paraphé lundi soir un accord pour un gouvernement stable sur fond de crise du nouveau coronavirus.

Voici les principaux points et les zones d’ombre de cet accord.

– Procès Netanyahu –

Effet collatéral du virus, le procès de M. Netanyahu, inculpé en novembre pour corruption, a été repoussé en raison de la fermeture des tribunaux. Il devait s’ouvrir mi-mars et a été reporté à mai, mais cet horizon demeure incertain car il dépendra des mesures de déconfinement qui seront mises en place.

En Israël, un Premier ministre peut rester en fonction même inculpé, contrairement à un simple ministre.

L’accord entre MM. Gantz et Netanyahu prévoit que ce dernier soit chef du gouvernement pendant 18 mois, avant que ne lui succède l’ancien général pour 18 mois, au terme desquels de nouvelles élections devront être convoquées.

D’où la question centrale: que se passe-t-il pour M. Netanyahu après 18 mois ? L’accord prévoit la création d’un titre de « Premier ministre en alternance ».

Or cette fonction n’a aucun statut juridique en Israël. Il faudra donc que le Parlement crée cette fonction et y intègre un statut permettant à son titulaire de rester en poste malgré une inculpation.

Mais des analystes envisagent un autre scénario à moyen terme : en Israël, le Premier ministre ne dispose d’aucune immunité judiciaire contrairement au président dont la fonction est en grande partie symbolique. Or le septennat de l’actuel président Reuven Rivlin court à la fin juillet 2021 d’où l’hypothèse que M. Netanyahu lui succède dans une quinzaine de mois, et obtienne l’immunité.

– Partage du pouvoir –

L’accord Netanyahu/Gantz prévoit un gouvernement de 32 ministres pendant les six prochains mois, pour affronter la crise du nouveau coronavirus, et passera ensuite à 36 ministres.

Dans le nouveau gouvernement, les camps de MM. Netanyahu et Gantz auront le même nombre de ministères et pourront demander à d’autres partis de les rejoindre.

Par exemple, les partis ultra-orthodoxes devraient rejoindre le camp Netanyahu tandis que M. Gantz devrait offrir aux partis de gauche des postes de ministre pour avoir un gouvernement d’union nationale.

Des ministres de l’actuel gouvernement de transition de M. Netanyahu devront céder des portefeuilles clés comme par exemple celui de la Défense.

Le camp de Benny Gantz hérite ainsi des ministèresde la Justice et de la Défense, tandis que M. Netanyahu garde la Santé et les Finances.

Le rôle de ministre des Affaires étrangères sera quant à lui partagé en alternance (à commencer par 18 mois pour le camp de Gantz, puis 18 mois pour le camp de Netanyahu).

– Annexion de pans de la Cisjordanie –

L’accord comprend essentiellement deux énoncés politiques pour les mois à venir: gestion de la pandémie de Covid-19, qui a d’ailleurs plombé l’économie israélienne, et le projet proposé par Donald Trump pour un règlement du conflit israélo-paestinien.

Le plan Trump, que MM. Netanyahu et Gantz soutiennent, prévoit notamment l’annexion des colonies juives et de la vallée du Jourdain, vaste plaine fertile, en Cisjordanie occupée.

A droite, plusieurs exhortent M. Netanyahu d’annexer rapidement d’autant que Donald Trump pourrait avoir à quitter la Maison Blanche après la présidentielle de novembre. Mais Benny Gantz cherche à temporiser.

Au final, l’accord prévoit qu’à partir du 1er juillet, le cabinet et les députés pourront se prononcer sur le plan américain sans s’engager, du moins à ce stade, à annexer des pans de la Cisjordanie.

Un gouvernement Netanyahu/Gantz serait un « gouvernement d’annexion » menant à la « fin » de la solution à deux Etats, un Etat palestinien viable aux côtés d’Israël, dénonce le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh.

Crises alimentaires: aggravation en 2019, gare au coronavirus en 2020, avertit un rapport

La pandémie de coronavirus risque de venir aggraver en 2020 la situation des populations au bord de la famine, déjà en forte augmentation en 2019, prévient un rapport de l’ONU.

Quelque 135 millions de personnes dans le monde dans 55 pays affectés par les conflits et les problèmes climatiques, étaient en situation « d’insécurité alimentaire aiguë » en 2019, indique le rapport mondial sur les crises alimentaires 2020, publié mardi par diverses agences de l’ONU et des bailleurs de fonds internationaux.

Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis quatre ans qu’existe cette étude, présentée mardi au Conseil de sécurité par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (Pam).

En 2019, c’est encore l’Afrique qui paye le plus lourd tribut à cette situation, avec 73 millions de personnes touchées, soit plus de la moitié.

Parmi les pays dont la population est la plus fortement affectée par ce fléau, le Soudan du Sud (61%), le Yémen (53%) ou l’Afghanistan (37%), entre autres.

« Les conflits étaient toujours le principal moteur des crises alimentaires en 2019, mais les conditions climatiques extrêmes et les chocs économiques sont devenus de plus en plus importants », indique le rapport, qui met en garde sur le facteur aggravant que pourrait constituer le coronavirus.

L’augmentation de 22 millions de personnes touchées par rapport à l’édition 2019 prend en compte l’ajout de pays ou de régions supplémentaires, mais en comparant les 50 pays qui se trouvaient dans les rapports 2019 et 2020, la population en crise « est passée de 112 à 123 millions », indiquent les auteurs du rapport.

Une aggravation de l’insécurité alimentaire notamment sensible dans des zones de conflit comme la République démocratique du Congo et le Soudan du sud, ou des pays touchés par une aggravation de la sécheresse ou de leur situation économique, comme Haïti, le Pakistan et le Zimbabwe.

Sur le plan économique, la situation pourrait très rapidement s’aggraver pour les 55 pays concernés par ces crises alimentaires et listés par le rapport, compte tenu de l’épidémie de coronavirus.

Ces derniers ont « une capacité très limitée voire inexistante à faire face aussi bien aux conséquences sanitaires qu’économiques » de cette crise, indique un propos introductif qui sonne comme une alerte.

– Coup de chaud sur le riz –

Outre les problèmes logistiques qu’engendre cette crise, qui menace l’approvisionnement des pays recensés dans le rapport, la pandémie de coronavirus « pourrait augmenter le niveau d’insécurité alimentaire d’autres pays », indique le rapport, qui cite notamment les pays exportateurs de pétrole, alors que l’or noir a subi cette semaine un plongeon historique.

Un constat à l’unisson de celui formulé par l’ONG Oxfam, ce mardi: selon elle, en Afrique de l’Ouest, l’impact de l’épidémie de Covid-19 ajoutée aux problèmes de sécheresse et à l’insécurité dans la région pourrait provoquer un quasi-triplement du nombre de personnes menacées par la faim, à 50 millions en août contre 17 millions en juin.

Parmi les pays de la Cédéao (Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest), figurent quelques-uns des plus gros importateurs de riz au monde, lesquels ont dû observer avec inquiétude les soubresauts de ce marché, ces dernières semaines.

Cette denrée alimentaire de base a connu récemment une « flambée » des prix, a souligné auprès de l’AFP Abdolreza Abbassian, économiste principal à la FAO.

Le Vietnam, 3e exportateur mondial, « avait posé pratiquement un embargo à l’exportation », a rappelé Arnaud Saulais, courtier à la société suisse SCB, qui souligne que cet embargo a coïncidé avec une paralysie des installations portuaires indiennes en raison des mesures de confinement.

Résultat, le prix du riz thaïlandais, seul restant sur le marché, est passé rapidement à 570 euros la tonne, avant de redescendre à 525 euros, après une réouverture partielle du marché vietnamien la semaine dernière, une bouffée d’air pour les pays importateurs.

« La question du prix est importante, mais il y a beaucoup d’autres problèmes à considérer », estime M. Abbassian.

« Les écoles sont fermées en occident, beaucoup de gens se plaignent, mais les repas sont toujours servis aux enfants. Dans les pays plus pauvres, lorsque les écoles sont fermées, ça veut dire pas de déjeuner », conclut-il.

Lesotho: le ministre de la Police détenu pour violation du confinement anticoronavirus

Le ministre de la Police du Lesotho Lehlohonolo Moramotse a passé la nuit de lundi à mardi en garde à vue pour avoir violé les règles de confinement anticoronavirus en vigueur dans le pays, notamment en achetant de l’alcool.

« Je peux confirmer que le ministre a été détenu au commissariat la nuit dernière », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la police, le superintendant Mpiti Mopeli, en ajoutant qu’il avait été remis en liberté au petit matin avant d’être présenté à un juge.

Le ministre « est soupçonné d’avoir violé les règles de confinement et pour avoir branché illégalement son domicile sur le réseau de distribution d’eau », a précisé le superintendant Mopeli.

La population du Lesotho est placée sous confinement jusqu’à au moins ce mardi minuit pour endiguer la propagation de la pandémie de Covid-19, dont aucun cas n’a encore été rapporté dans le petit royaume africain.

Comme dans l’Afrique du Sud voisine, les autorités ont interdit la vente d’alcool pendant toute la durée de cette mesure.

Le ministre de la Police a été pris la main dans le sac il y a deux semaines sur une vidéo qui le montre en train d’acheter des boissons alcoolisées qui a fait le tour des réseaux sociaux locaux.

Il a été arrêté et placé en garde à vue lundi soir pour ne pas avoir répondu à une convocation de la justice pour violation de l’ordre de confinement.

Son arrestation intervient alors que le royaume du Lesotho est agité depuis des mois par une grave crise politique.

Sommé de démissionner par la coalition gouvernementale depuis sa mise en cause dans l’assassinat de son ex-femme en 2017, le Premier ministre Thomas Thabane a fait intervenir l’armée samedi pour « restaurer l’ordre ».

Un accord a été signé lundi sous médiation sud-africaine pour permettre un départ « digne » de M. Thabane a une date qui n’a pas été précisée.

Le cheikh Kawtharani, un Libanais nouveau maître du jeu en Irak

Le nom de Mohammed al-Kawtharani circulait déjà en Irak. Mais depuis l’assassinat de l’Iranien Qassem Soleimani, c’est ce dirigeant du Hezbollah libanais qui a la haute main sur la politique irakienne, à tel point que Washington offre désormais 10 millions de dollars pour toute information.

Ce 3 janvier 2020, alors que le monde apprend que le véhicule du général Soleimani a été pulvérisé par un drone américain aux portes de l’aéroport de Bagdad, la rumeur court que le cheikh Kawtharani a été assassiné à ses côtés.

Cette rumeur, rapidement démentie, est la preuve que les noms des deux hommes étaient déjà étroitement associés sur le dossier irakien, dans un pays où l’Iran veille jalousement à préserver ses intérêts via ses alliés chiites, leurs partis et factions armées.

Elle témoigne aussi que le cheikh Kawtharani était appelé à gagner en prérogatives avec la disparition de l’architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient.

Pour Washington, qui a placé Mohammed Kawtharani sur sa liste noire du « terrorisme » dès 2013, ce Libanais participe à « la formation, au financement et au soutien politico-logistique » de « groupes opérant hors du contrôle du gouvernement irakien pour réprimer violemment les manifestants » ou « attaquer des missions diplomatiques ».

Aussitôt après l’annonce de la juteuse récompense américaine, la semaine passée, de nouvelles rumeurs ont fleuri.

– « Copie conforme » –

Plusieurs médias irakiens ont annoncé avoir appris « en exclusivité » que le cheikh Kawtharani se trouvait à Bagdad pour des discussions avec des responsables politiques, avant que tous ceux-ci ne démentent avoir rencontré l’homme qui vaut à présent 10 millions de dollars.

L’annonce de cette présence à Bagdad est intervenue alors que l’Irak tente de se doter d’un gouvernement. Tout sauf un hasard: à chaque fois qu’il a fallu former un cabinet, ou prendre une décision politique majeure dans le pays ces dernières années, c’est le général Soleimani qui était à la manoeuvre… flanqué de son lieutenant Kawtharani.

A présent, le lieutenant est devenu « la copie conforme de Soleimani », passant d’une réunion à un conciliabule au sein du cossu complexe des bureaux du Premier ministre dans l’ultrasécurisée Zone verte de Bagdad, rapporte un haut responsable irakien à l’AFP.

« Il est en charge du dossier irakien depuis 2003 » et la chute du dictateur Saddam Hussein qui a ouvert les portes à l’influence iranienne, argue de son côté un proche du cheikh Kawtharani.

« Il rapporte directement au chef du Hezbollah Hassan Nasrallah », qui dirigeait avec Soleimani la stratégie régionale de l' »axe de la résistance », réseau des alliés de Téhéran au Moyen-Orient, poursuit ce cadre du mouvement chiite libanais.

« C’est le seul étranger –à part Soleimani– qui connaît tous les détails de la scène politique irakienne », dit un autre cadre du Hezbollah.

– Nationalité irakienne, aussi –

L’histoire irakienne de l’homme au turban blanc des docteurs en religion, père de quatre enfants, a commencé il y a bien longtemps. Passé par le séminaire chiite de Najaf, ville sainte à 200 km au sud de Bagdad, où il est né de parents libanais avant de rentrer plus tard au pays, ce quinquagénaire a épousé une Irakienne. Il parle couramment l’arabe irakien –qui diffère sensiblement du dialecte libanais– et possède même la nationalité irakienne.

D’abord important au Liban où il a été un des cadres de la première heure du Hezbollah, le cheikh Kawtharani joue désormais « plus d’un rôle » en Irak, selon le spécialiste Hicham al-Hachémi, fin connaisseur des arcanes de la politique irakienne.

« C’est lui qui tire les ficelles au sein de la scène chiite loyale à Téhéran », assure-t-il à l’AFP. Et même au-delà: « depuis 2014, il a travaillé à réconcilier le pouvoir chiite à Bagdad avec des forces sunnites qui lui étaient hostiles. »

Une fois Soleimani et son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, chef des paramilitaires pro-Iran en Irak, assassinés, il n’a fait qu’élargir son champ d’action.

Fort de ces relations, le cheikh Kawtharani peut aussi demander des faveurs. Il y a quelques mois, « il a demandé plusieurs milliards de dollars en Irak » dans le cadre la crise financière au Liban, assure à l’AFP un diplomate irakien. Un responsable irakien confirme, tandis que l’entourage du cheikh libanais dément.

Jusqu’ici, Kawtharani, dont peu de clichés existent, a pu rester dans l’ombre, en Irak comme au Liban, où sa discrétion est quasi totale. Mais les millions posés sur la table par Washington pourraient changer la donne.

« Demander des informations sur lui, c’est la première étape avant un possible assassinat ou une arrestation », s’alarme un proche.

« Les Etats-Unis n’envisagent pas actuellement d’assassiner Esmaïl Qaani », le remplaçant de Soleimani à Téhéran, avance un cadre du Hezbollah. « C’est mieux pour eux de viser une figure d’un parti plutôt que le représentant d’un Etat. »

La pandémie pousse les migrants vénézuéliens sur les chemins du retour

En moins d’un an, il fuit pour la deuxième fois: d’abord, la pauvreté dans son pays, et maintenant la mort semée par la pandémie. Bien que le Venezuela soit toujours en crise, Jesus Peña a décidé de rentrer chez lui.

« Nous voulons rentrer pour ne pas mourir », explique cet homme de 49 ans lors d’une étape à Cali, en Colombie. Il y est arrivé après 12 jours de voyage, la plupart du temps à pied, depuis l’Equateur voisin, l’un des pays d’Amérique latine les plus touchés par le Covid-19.

Les ampoules au pied lui semblent un moindre mal. Il est soulagé car bientôt, avec sa femme, leur fils et sa belle-soeur, il va monter dans un des autobus affrétés par la municipalité pour emmener les migrants vénézuéliens jusqu’à la frontière, à 957 km de là.

Des dizaines d’autres attendent avec lui. Ils ont fui l’Equateur et d’autres pays de la région, franchissant clandestinement des frontières fermées, ou profitant de l’ouverture de corridors humanitaires. Parmi eux, certains ont tenté de reconstruire leur vie en Colombie, mais y renoncent.

Tous ont décidé de rentrer au pays après s’être trouvés sans ressources à cause du confinement, qui a eu raison de leur travail précaire, ou de crainte que la contagion n’aggrave la xénophobie.

Jesus Peña vivait depuis neuf mois à Loja, localité du sud de l’Equateur. Mais il a commencé à avoir peur: là-bas, « les gens meurent, ne font pas attention, ne portent pas de masque, tout le monde est dans la rue ».

– 35.000 migrants déjà rentrés –

Il craignait aussi le sort qui leur aurait été réservé si lui ou un de ses proches était tombé malade. A l’hôpital, « on n’aurait pas fait sortir un Equatorien pour y mettre un Vénézuélien », assure-t-il, estimant que « le mieux c’est de regagner notre pays ».

Plus de 35.000 Vénézuéliens, venant de Colombie ou d’ailleurs, ont déjà traversé le territoire, selon Felipe Muñoz, fonctionnaire de la frontière entre les deux pays.

La Colombie compte environ 1,8 des 4,9 millions de migrants qui ont fui ces dernières années l’effondrement de l’ancienne puissance pétrolière.

Bogota, qui suivant la ligne des Etats-Unis ne reconnaît pas Nicolas Maduro comme président du Venezuela, a appelé à l’aide internationale pour gérer la crise migratoire, aggravée par l’urgence sanitaire et financière résultant de la pandémie.

Ce pays compte déjà plus de 3.700 cas confirmés du nouveau coronavirus, contre quelque 250 répertoriés au Venezuela, alors que l’Equateur avec 10.000 cas est le pays de la région le plus affecté après le gigantesque Brésil.

Conscient que les données de son pays sont contestées par l’opposition, Jesus Peña se prépare à gérer plusieurs maux. « Il n’y a pas de nourriture, pas d’eau, ni d’essence. Mais que faire? »

La Colombie assure que ces migrants partent d’eux-mêmes et contrôle leur température à leur sortie.

Luis Plazas, 24 ans, s’estime chanceux. Ce vendeur de fruits ambulant, son épouse et leurs enfants de huit ans et de huit mois, ont pu embarquer dans un autobus allant de Cali à Cucuta, à la frontière.

– Sans toit, ni nourriture –

Après deux années d’exil, une à Bogota et l’autre à Cali, il a décidé de partir avant que la faim se fasse davantage sentir. Depuis le début du confinement, le 20 mars dans les grandes villes colombiennes, sa famille ne se permet plus qu’un seul repas quotidien.

« Si un adulte ne mange qu’une fois par jour, il le supporte. Mais comment dire à un petit qu’il n’y a rien. C’est très difficile! », a-t-il expliqué par téléphone à l’AFP pendant son voyage.

Ce migrant s’est retrouvé dans la même situation que 47% de la population active de Colombie, qui travaille de manière informelle souvent dans la rue et que le confinement laisse sans un sou.

Et sa situation a empiré lorsqu’il n’a plus eu de quoi payer le loyer. « Cela devenait très difficile et on nous avait déjà jetés à la rue », dit-il.

Le gouvernement colombien a depuis interdit de telles expulsions pendant le confinement, élargi le 25 mars à l’ensemble du pays et prolongé jusqu’au 26 avril inclus.

A la frontière, Luis Plazas a attendu quelques heures la fin du couvre-feu imposé au Venezuela. Et il espère que le petit commerce de sa mère, qui vend des arepas (galettes de maïs), éloigne au moins le spectre de la faim.

Au Malawi, la fronde des pauvres contre le confinement anticoronavirus

La colère des populations contre le confinement anticoronavirus gronde partout en Afrique. Au Malawi, elle a tonné si fort que la justice a infligé un camouflet aux autorités en suspendant leur ordre, au nom de la protection des plus pauvres.

Comme des centaines d’autres petits vendeurs informels du marché de Blantyre, la capitale économique du pays, Thom Minjala a gagné une semaine de répit.

« Si le confinement avait été appliqué, on serait certainement mort de faim plutôt que du coronavirus », estime ce chiffonnier. « Bien sûr qu’on a peur de la maladie mais notre souci, c’est la faim. On n’a pas d’argent de côté, tout ce qu’on peut gagner au quotidien sert à nous nourrir ».

Le président Peter Mutharika avait annoncé la semaine dernière à ses 17 millions d’habitants qu’ils allaient devoir rester chez eux pendant trois semaines pour freiner la pandémie de Covid-19, comme dans nombre d’autres pays du continent.

Selon le dernier bilan, seuls 17 cas d’infection, dont deux mortels, ont été jusque-là rapportés officiellement.

Mais dans ce pays considéré comme l’un des plus démunis de la planète, beaucoup redoutent une catastrophe. Dans son discours télévisé à la nation, le chef de l’Etat a lui-même avancé un bilan possible de 50.000 morts.

A la surprise générale, la Haute cour du pays, saisie par la société civile, a pourtant suspendu l’entrée en vigueur de l’ordre présidentiel, prévue samedi dernier, pendant une semaine. Une première dans le continent.

Le gouvernement a très mal accueilli cette rebuffade judiciaire, jugée dangereuse. « Le juge n’a pas interdit au virus de se propager pendant les sept jours de sursis à exécution qu’il a ordonné », a raillé le procureur général du pays, Kalekeni Kaphale, dans les médias locaux.

« Le confinement est possible s’il est accompagné de mesures sensées qui ne visent pas à entraver les libertés de la population », rétorque Gift Trapence, à la tête de la Coalition des défendeurs des droits humains (HRDC) qui a saisi la justice.

– ‘Comment survivre ?’ –

Dès l’annonce de mesures de confinement, des milliers de petits commerçants inquiets sont descendus dans les rues de plusieurs villes du pays pour crier qu’ils ne le respecteraient pas.

« Ils (le gouvernement) auraient dû (…) faire en sorte que les pauvres aient à manger et demander aux propriétaires de ne pas réclamer leurs loyers pendant plusieurs mois », estime un autre vendeur de Blantyre, George Mithengo.

« Mais ils ont juste dit +allez, on confine+ », rouspète-t-il, « comment espéraient-ils qu’on pourrait survivre ? »

La Haute Cour doit entendre cette semaine les arguments des deux parties avant de se prononcer sur le dossier.

Quelle que soit sa décision, beaucoup reprochent au gouvernement de ne s’être même pas préoccupé des conséquences de ses décisions sur une population dont, selon la Banque mondiale, plus de la moitié (51%) vit sous le seuil de pauvreté.

« L’exercice sans contrôle du pouvoir par des gens qui usent de pouvoirs d’exception pour protéger des vies peut au final causer beaucoup plus de victimes », a estimé l’ancien procureur général Ralph Kasambara, « ces pouvoirs d’exception peuvent constituer le début de la tyrannie ».

Cette inquiétude est partagée au sein de la population malawite, dont la confiance envers le gouvernement a été écornée depuis les élections de l’an dernier.

La réélection de M. Mutharika a en effet été annulée par la justice pour cause de fraudes et les tensions politiques restent vives dans le pays en vue du nouveau scrutin présidentiel, programmé le 2 juillet.

Cette défiance est le fruit « des privations, de la frustration et d’un sentiment d’injustice », juge le psychologue Limbika Maliwichi-Senganimalunje, de l’université du Malawi.

Au milieu des étals du marché de Blantyre, le vendeur George Mithengo reste préoccupé. Il le sait, le sursis inattendu que lui a offert la justice risque d’être de courte durée. « Si on est confinés », répète-t-il, « on mourra chez nous ».

Séoul minimise des informations sur l’état de santé de Kim Jong Un

La Corée du Sud a minimisé mardi des informations selon lesquelles le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un aurait été récemment opéré, alors que certains observateurs s’interrogent sur son absence lors de célébrations à Pyongyang la semaine dernière.

La Corée du Nord a marqué le 15 avril le 108e anniversaire de la naissance du fondateur du régime, Kim Il Sung, qui est le grand-père du dirigeant actuel. Cette date est de loin la plus importante du calendrier politique au Nord. Mais Kim Jong Un n’a été vu sur aucune des photographies officielles.

Daily NK, un média en ligne géré essentiellement par des Nord-Coréens ayant fait défection, a affirmé que le dirigeant nord-coréen avait été opéré en avril pour des problèmes cardio-vasculaires et qu’il était en convalescence dans une villa dans la province de Phyongan du Nord.

« La raison du traitement cardio-vasculaire urgent qu’a subi Kim était son tabagisme excessif, son obésité et sa fatigue », affirme Daily NK en citant une source nord-coréenne non identifiée.

Cette information n’a pas été confirmée. Mais elle a suscité un déluge de spéculations.

– Opéré d’un kyste en 2014 –

Citant un responsable américain, CNN rapporte que Washington « étudie des informations » selon lesquelles Kim Jong Un est « en danger grave après une opération chirurgicale », sans dire si ces « informations » sont en fait l’article de Daily NK.

« Nous n’avons rien à confirmer et aucun mouvement particulier n’a été détecté en Corée du Nord », a déclaré dans un communiqué un porte-parole de la Maison bleue, la présidence sud-coréenne.

L’agence de presse sud-coréenne Yonhap a de son côté cité un haut responsable sud-coréen affirmant, sous couvert de l’anonymat, que les informations selon lesquelles M. Kim serait gravement malade ne sont « pas vraies ».

La dernière apparition publique de M. Kim à avoir fait l’objet d’une couverture photo par les médias officiels remonte au 11 avril, lorsqu’il avait présidé une réunion du bureau politique du parti au cours de laquelle ce dernier avait appelé à des mesures plus fortes contre le nouveau coronavirus.

Pyongyang, qui a fermé ses frontières et mis en oeuvre des restrictions pour la population, continue de dire qu’aucun cas de Covid-19 n’a été recensé sur son sol.

Ce n’est pas la première fois que « l’absence » de Kim alimente toute sorte de spéculations.

En 2014, il n’avait pas été vu pendant six semaines, avant de réapparaître avec une canne. Les services de renseignements sud-coréens cités par Yonhap avaient affirmé qu’il avait subi une opération visant à lui enlever un kyste à la cheville.

– « Personne ne sait » –

« Personne ne sait ce qui se passe à l’intérieur de la Corée du Nord », a rappelé Martyn Williams, qui est affilié à l’institut 38 North.

« Kim Jong Il était mort plusieurs jours avant que cela ne soit annoncé, et cela a pris tout le monde par surprise », a-t-il observé dans un tweet.

« Kim Jong Un a déjà été porté +disparu+ mais il est toujours réapparu. Ceci dit, son absence cette semaine était plus que notable. »

Certains responsables sud-coréens ont fait part de leurs doutes quant à la crédibilité des informations de Daily NK.

La couverture de l’actualité nord-coréenne est particulièrement compliquée, surtout pour tout ce qui a trait à la vie privée de M. Kim qui est un des secrets les mieux gardés du régime.

Le ministère sud-coréen de l’Unification, qui gère les questions intercoréennes, et celui de la Défense se sont refusés à tout commentaire.

Moon Chung-in, conseiller à la sécurité du président sud-coréen Moon Jae-in, a dit à l’AFP n’avoir rien entendu de spécial concernant la santé de M. Kim.

Certains experts ont aussi appelé à la prudence.

« Il n’y a aucune confirmation à ce stade et il est trop tôt pour tirer des conclusions sur son état de santé », a estimé Ahn Chan-il, un transfuge du Nord devenu chercheur à Séoul.

Il a relevé qu’une opération du coeur impliquait du matériel médical de pointe qui ne se trouve « que dans des établissements de Pyongyang ». Il ne serait « pas raisonnable » de le transporter ailleurs pour l’opération.